Voici, par exemple, une révélation sur l'origine du mal qu'elle prétend avoir reçue simultanément de Marie Stuart et de Jeanne d'Arc!
«Le mal est le résultat de la limitation de l'esprit par la matière, car l'esprit est Dieu et Dieu est bon. C'est pourquoi en limitant Dieu, la matière limite le bien. S'il ne se projette dans l'être, Dieu demeure inactif, solitaire et non manifesté; par conséquent il demeure inconnu, sans culte, sans amour et sans action. S'il crée, il se heurte à la limite. Les ténèbres de l'ombre de Dieu correspondent intensivement avec l'éclat de la lumière de Dieu…»
Ce mélange de manichéisme et de divagations montanistes n'est déjà pas mal. Mais cette fuligineuse métaphysique s'aggrave de véritables blasphèmes touchant la Vierge et même Notre-Seigneur.
Ceci: «L'homme va en avant ou il recule. C'est en retrouvant la virginité qu'il devient immaculé. L'âme étant immaculée conçoit le Christ et l'enfante…»
De là à dire que le Christ historique n'est qu'un symbole du Christ intérieur; de là à dire que notre âme immaculée est figurée par la Vierge Marie immaculée dans sa conception et qu'elle enfante le véritable Christ, le Christ spirituel et divin, il n'y a qu'un pas. Lady X… le franchit. Dans ses écrits, Notre- Seigneur s'évanouit, avec sa chair, avec sa personne divine, avec son humanité, dans un mythe orgueilleux et subtil. La Vierge n'est plus qu'un symbole. L'homme devient Dieu en produisant Dieu!
C'est le fond qu'on découvre dans les théories de toutes les sectes gnostiques. D'une façon plus ou moins détournée, avec une audace plus ou moins formelle, elle promulguent cette doctrine néfaste de l'humanité s'adorant elle-même qui se retrouve aussi dans les enseignements secrets de la Franc-Maçonnerie.
Suivent, chez lady X…, des considérations stupéfiantes sur la personne du Christ: «Jésus est le même principe que celui qui est appelé Bouddha par les Bouddhistes, Vichnou par les Brahmanes, Logos par les philosophes grecs. Ce principe tient la place de la seconde personne de la Trinité. Il a été choisi pour être présenté comme un exemple de la Divinité dans l'homme à laquelle nous pouvons tous aspirer…
«D'après cette règle de la véritable Gnose, ce qui est impliqué dans le terme d'Incarnation est un événement dont la nature est purement spirituelle et qui est en puissance dans tous les hommes et qui se passe perpétuellement à toutes les époques, puisqu'il a lieu dans tout homme régénéré, étant à la fois la cause et l'effet de sa régénération. Le Christ est en nous tous, ses frères. Il est donc évident que nous ne devons pas confondre Notre-Seigneur avec le Seigneur, celui qui donne la vie…»
En voilà suffisamment pour démontrer jusqu'où peuvent s'égarer des esprits que ne maintient plus la foi simple et robuste telle que nous la recommande l'Église. Ils ont voulu raffiner sur la Révélation et ils ont abouti à ce culte du Moi qui énerve l'âme sans retour à moins qu'il ne l'affole.
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