Et forces sottises du même acabit dont les d'Estournelles de Constant, les Passy et autres Loyson firent, depuis, leur pâture pour le pourlèchement de la Franc-Maçonnerie.
La seule prédiction de Hugo qui se soit réalisée c'est celle où il annonce les aéroplanes. Encore les décrivait-il comme des sphères de cuivre.
Mais on n'en finirait pas s'il fallait énumérer toutes les folies où se dispersa ce grand poète difforme que Henri Heine avait si justement qualifié «un beau bossu».
Retenons seulement l'apologie du spiritisme telle qu'on la lit dans le _William Shakespeare. _Hugo, qui ne veut pas des sacrements et des mystères de l'Église, qui mange du prêtre comme le ferait un Homais gargantuesque, cherche à établir le bien-fondé de la religion tabulaire qu'il se fabrique. Il atteste l'Égypte et les initiations d'Eleusis, Apollonius de Tyane et Apulée. Enfin il cite, avec dévotion, certains trépieds de Dodone qui, paraît-il, entraient en danse au commandement des hiérophantes. Puis il conclut: «Dieu est là…»
Dieu, je ne crois pas, mais — un Autre fort probablement.
II
Si j'ai insisté sur l'adhésion de Hugo au spiritisme, c'est que les tenants de cette dangereuse aberration le mentionnent volontiers et avec fierté comme un Père de leur Église.
J'eus l'occasion de constater le fait, en Belgique, il y a quatre ans, au cours d'un voyage entrepris dans un tout autre but que celui de disséquer des spirites.
Je venais de donner quelques conférences et, séjournant à Bruxelles, qui est une ville assez plaisante, je sortais du bureau de rédaction d'un journal où l'on avait publié des articles élogieux sur mes causeries. J'étais venu remercier le rédacteur en chef. Ma visite terminée, celui-ci me reconduisit jusque dans la salle des dépêches.
— Allons, dit-il, en me serrant la main, au plaisir de vous revoir, Monsieur Retté… Au prononcé de mon nom, un personnage, qui examinait les gravures accrochées à la muraille, se retourna brusquement, me dévisagea, puis me suivit dehors. Comme je restais arrêté sur le trottoir, décidé à flâner, mais ne sachant trop où diriger ma promenade, il m'aborda.