Or, malgré cette affiche de la dernière heure, au scrutin de ballottage, Dupuy fut élu à une majorité formidable.
Dès le début de la campagne, j'avais prévu ce résultat car je connaissais l'esprit du pays; puis il ne m'avait pas fallu longtemps pour constater l'insuffisance de Renaud. Ses imaginations burlesques, ses gaffes et surtout cette odieuse bêtise de vouloir mettre la Grotte en actions avaient achevé de le discréditer.
Y a-t-il une moralité à tirer de cette mésaventure?
Assurément celle-ci: on ne saurait en vouloir aux électeurs qui votent selon leurs intérêts les plus immédiats. Ce faisant, ils assurent leur tranquillité, parfois leur gagne-pain.
Agir autrement ce serait se conduire en héros. Et peu d'hommes, surtout en notre temps de matérialisme plat, sont capables d'héroïsme.
Tant que le suffrage universel fonctionnera, tant que notre pays subira l'absurde principe de l'égalité politique et la tyrannie d'une administration centralisée à outrance, il en ira de même.
Toujours des paysans, qui font le grand nombre, voteront pour le pouvoir quel qu'il soit. Aussi est-ce nourrir une chimère que de croire qu'on améliorera le régime en modifiant les conditions du vote.
Ce n'est point pour des harangues, des affiches et des scrutins qu'on renversera l'équipe de malfaiteurs qui oppriment et dévalisent la France sous prétexte de République. Seul un maître, soutenu par les honnêtes gens, par les patriotes qui veulent guérir de cette maladie infectieuse: l'esprit de la Révolution, peut les réduire à l'impuissance.
Le coup de force: il n'y a pas d'autre moyen de salut…