Que ce soit par un soir de brise éolienne
Où les bouleaux plaintifs chanteront sur ma tête :
O Belle, je mettrai mes deux mains dans les tiennes ;
Tu quitteras pour moi la couronne et les voiles,
Tu me prodigueras tes plus profonds baisers
Et, me réfugiant entre tes bras glacés,
Je m’en irai, joyeux, dans la nuit sans étoiles.
Ce poème de la mort résumait d’ailleurs toutes mes désillusions et même mes incertitudes, car outre une imprécation contre le paganisme et une autre contre la science, il contenait deux strophes où les vertus de la Sainte-Eucharistie sont mises en doute. Inutile de dire que je les réprouve et que je les effacerai de mon livre.
On voit que j’étais arrivé au plus noir de la désespérance. Sur ces entrefaites, en mars 1906, des nécessités de vie courante m’obligèrent de me fixer pour quelque temps à Paris.
A partir de cette époque les événements se précipitent jusqu’au jour béni où la Sainte-Vierge prit mon âme entre ses mains miséricordieuses et l’offrit, toute frémissante de douleur, au Bon Dieu.