La voici :
SALVE REGINA
HUMBLE PARAPHRASE POUR LES PAUVRES CONVERTIS
Reine des anges de lumière, salut.
Mère, dont la miséricorde infinie répand les eaux vives de la Grâce dans l’âme des pauvres convertis, salut.
Nous étions comme des morts sans sépulcre dont la pourriture infectait les hommes de bonne volonté. Toi, Vie éternelle, Toi, ambroisie céleste, Toi, vaste espérance, voici que tu nous tiras de notre corruption.
Fils du péché originel, insurgés contre la rédemption, nous avons dû enfin crier vers Toi du fond de l’abîme où le prince de l’orgueil nous avait précipités. Et maintenant, humbles et les yeux en pleurs, nous soupirons vers Toi.
Hélas, Interprète des volontés divines, Interprète aussi de nos appels à la Trinité redoutable, viens à notre secours.
O Rose mystique, imprègne de tes parfums ce jardin envahi par les orties : notre âme. Tourne vers nous la splendeur miséricordieuse de tes yeux. Fais que notre orgueil se brise comme un caillou sous le pic qui fait jaillir la lumière du Seigneur. Fais que ton fils nous octroie sa couronne d’épines. Ah ! fais aussi que ce fruit de tes entrailles nous pénètre de sa divine saveur.
O trop Clémente pour les pécheurs que nous sommes, ô trois fois pitoyable, ô infiniment secourable Vierge Marie.
Quoique nous ne le méritions aucunement, prie pour nous, Sainte Mère de Dieu. Prends dans tes mains le cœur contrit de ces enfants derniers-nés de la Grâce : les pauvres convertis. Rends-les dignes de monter, au jour du jugement, à la droite du Juge équitable et terrible.
Seigneur tout-puissant, tu as voulu que ton Verbe incarné prît pour tabernacle le corps immaculé de notre Vierge bien aimée. O Saint-Esprit tu l’as empli de ta flamme. Sainte Trinité, daigne en souvenir de ce mystère, nous garder du Mauvais.
Par l’intercession de ta Mère auguste, notre douce Etoile du Matin, dissipe en nous les ténèbres du Mal. Délivre-nous de la mort éternelle que nous avions encourue par notre très grande faute.
Et qu’après l’épreuve de ce Purgatoire où nous entrerons en chantant tes louanges, ô Père, ô Fils, ô Saint-Esprit, nous soyons admis à contempler, pour l’Eternité, ta face adorable.
Que Notre-Seigneur Jésus-Christ nous entende.
Agneau de Dieu, toi qui effaces les péchés du monde, toi qui saignes chaque jour sur tous les autels pour la rémission de nos fautes, pardonne aux pauvres convertis.
Agneau de Dieu, toi qui habitas parmi nous pour laver nos taches, exauce les pauvres convertis.
Agneau de Dieu, par les vertus du Miroir de ta Justice, laisse descendre à jamais en nous les rayons de ta Grâce et prends en pitié les pauvres convertis.
M’étant ainsi fortifié par la prière, je descendis la colline, je retournai à Arbonne et je commençai d’écrire ce livre…
XIV
Me voici parvenu au terme de ma tâche. L’œuvre de pénitence et de réparation est accomplie.
J’ai raconté comment, livré à moi-même dès mon enfance, je désertai le service du Bon Dieu. J’ai dit à quel degré d’incertitude et de désespérance j’étais arrivé lorsque l’illusion scientifique et l’utopie socialiste se furent écroulées en moi. J’ai exposé les raisons pour lesquelles je pris en dégoût les malfaiteurs qui détruisent notre France et les banquistes qui, pour flatter l’imbécillité baveuse des parlementaires, se vantent d’avoir éteint les lumières du Ciel. J’ai essayé de montrer comment la Grâce divine me pénétra. J’ai dit mes luttes, mes souffrances, ma victoire sur les forces mauvaises qui m’obsédaient.
J’ai fait de mon mieux. Puisse le Seigneur accepter ces pages où j’espère avoir mis toute ma reconnaissance pour les bienfaits dont il daigna combler le pauvre pécheur repentant.
Si parmi les personnes qui les liront il s’en trouve à qui elles fassent quelque bien, je leur demande de prier pour moi.
Et pour le surplus : Non nobis, Domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam !
FIN