Des bons et des méchants :

Chacun meurt à son tour

Et moi, je vis toujours…

Évidemment ce n’est point là de la grande poésie. Mais comme on trouve, dans ces innocentes amusettes, l’indice d’une âme en paix avec elle-même et à qui, en récompense de son amour, Dieu confère la simplicité joyeuse de l’enfance !

Son union à Dieu était si intime qu’elle disait un jour : « Jésus est toujours avec moi. Nous habitons, l’un et l’autre, dans la même maison. Il se donne souvent à moi et, moi aussi, je me suis donnée tout entière à lui. Je ne lui demande pas quelle récompense il me donnera ; je suis payée d’avance. Je goûterai dans le ciel plus de douceur et de consolation sans doute. Mais, au fond, je n’aurai rien de plus puisque, dès cette vie, Il se donne à moi. »


En 1848, elle s’affaiblit beaucoup et ne put guère quitter le lit. Pendant l’hiver de 1849, il devint visible que la fin approchait. A partir d’avril, les symptômes de la maladie de cœur s’aggravèrent. Suffoquant d’une façon presque continuelle, ne dormant plus, elle passait les nuits à réciter des psaumes. Elle avait fait placer en face d’elle deux images représentant la Sainte Vierge et sainte Térèse :

« Voyez, disait-elle, comme la Sainte Vierge me regarde. Elle semble me dire : — Demande-moi ce que tu voudras, je te l’obtiendrai de mon Fils… Ce sera elle et sainte Térèse qui remettront mon âme entre les mains de Dieu. »

« La dernière nuit fut agitée mais aussi fervente que les autres. Elle chanta d’une voix forte encore le psaume : Cantate Domino canticum novum. Puis elle s’écria : — Sainte Vierge, intercédez pour moi !… »

Ce furent à peu près ses paroles suprêmes. Dans la journée qui suivit, elle perdit connaissance. L’aumônier lui conféra l’extrême-onction et l’absolution sans qu’elle donnât signe qu’elle prenait part à la cérémonie. A cinq heures du soir, elle rendit le dernier soupir, tandis que la Communauté fondait en larmes autour de son lit.