C’était le 9 mai 1849. La Mère Camille avait quatre-vingt-douze ans. Selon son désir, elle fut enterrée dans la crypte de l’église des Carmes, parmi les victimes des massacres de septembre.

Après avoir subi l’épreuve de la crainte desséchante au temps où l’aberration janséniste pesa sur son âme, cette Sainte Religieuse s’épanouit enfin dans le rayonnement du Soleil d’amour qui habite les âmes de bonne volonté. C’est pourquoi, comme le dit sa biographe, « elle demeura vaillante et paisible au contact des événements les plus redoutables ; c’est pourquoi elle posséda cette charité forte et généreuse » qui fait qu’on se donne passionnément à Dieu pour sa gloire et celle de son Église.

Nous vivons à une époque de bolchevisme en croissance où rien ne prouve que des catastrophes semblables à celles que la Mère Camille eut à subir ne se reproduiront pas. Les enseignements fournis par son intrépidité dans la lutte contre le mal nous montrent comment une âme, qui aime vraiment son Dieu, se sauvegarde dans l’épreuve.

Saint Paul a dit : Si nous n’avons d’espérance que pour cette vie seulement, nous sommes les plus malheureux des hommes. Mais si, à l’exemple de la Mère Camille, nous plaçons toute notre espérance dans la vie à venir, quand viendra la tribulation, quand les héritiers de la démence révolutionnaire se jetteront de nouveau, la hache à la main, sur les fidèles, nous confesserons hautement notre foi et nous connaîtrons le bonheur de mourir pour Notre-Seigneur Jésus-Christ et nous obtiendrons la grâce d’accomplir, comme le dit encore saint Paul, « ce qui manque à sa Passion ».

LA CHARITÉ DU MALADE

I

Un petit livre m’est parvenu que je crois bon de signaler parce qu’il montre comment une âme chrétienne, qui s’ouvre généreusement aux rayons du soleil intérieur, peut faire abnégation de ses propres souffrances pour se vouer à la consolation des peines du prochain.

Il s’agit, dans ce volume[13], d’un jeune homme qui, atteint d’un mal incurable, non seulement usa ses forces déclinantes à soigner les tuberculeux d’un sanatorium, mais encore conçut l’idée touchante de tresser sous le titre d’Union catholique des malades, un lien de prières entre le plus grand nombre possible de personnes affligées de maladies graves et disposées à offrir par l’oraison, leurs épreuves comme un bouquet de roses rouges sur l’autel de ce Sacré-Cœur qui nous enseigne l’amour par la douleur.

[13] L’Apostolat du malade : Louis Peyrot (1888-1916), par J. P. Belin, 1 vol. chez Bloud et Gay.

Le plus simple, pour faire saisir l’action évangélique de Louis Peyrot sera de raconter sa vie et de citer des extraits de son journal et de sa correspondance avec ses amis et avec quelques-uns de ceux qui suivirent avec lui la voie douloureuse et mirent leurs pas dans les pas de Jésus montant au Calvaire.