« De grâce, mon Père, s’écria-t-elle avec vivacité, allez vite me proposer au Carmel. »
Le directeur y consentit. Il se rendit auprès de la Prieure des Carmélites de la rue de Grenelle, lui exposa en détail l’histoire de sa pénitente et formula l’opinion que le Carmel répondait parfaitement aux aspirations de cette âme assoiffée de sacrifice.
La Prieure, bien disposée par ce préliminaire, voulut voir Camille qui vint la trouver aussitôt et, dans un long entretien, lui décrivit, sans réticence, les grâces qu’elle avait reçues, ses angoisses, ses luttes, et enfin son désir de se donner à Dieu dans la clôture la plus stricte.
La Prieure reconnut à tous ces traits les marques d’une sincère vocation. Mais elle ne voulut pas prendre congé de la jeune fille sans lui laisser entrevoir quelques-unes des mortifications en usage au Carmel.
« Savez-vous quelque chose de notre genre de vie, lui dit-elle, et votre santé pourra-t-elle s’y faire ?
— Je compte sur Dieu, répondit la postulante.
— Aimez-vous le poisson ?
— Je le hais !
— Et les œufs ?
— Je les déteste ! Je fais maigre le vendredi mais, très souvent, j’ai la migraine le samedi.