S. V. : — Non, en ce moment, je vous regarde comme au-dessus de moi puisque vous êtes mon juge et qu’à ce titre, vous avez le droit de m’interroger.

Le C. : — Tu crois donc que, devant Dieu, il y a des hommes plus grands que les autres ?

S. V. : — Non, je sais que nous sommes tous égaux devant Dieu et devant la loi. Mais je ne veux pas faire le serment parce que la loi de Dieu, qui passe avant la loi humaine, me défend de jurer en vain.

Le C. : — Ce n’est pas jurer en vain, puisque c’est pour sauver ta vie.

S. V. : — J’aime mieux mourir.

Le C. : — Eh bien on se délivrera de toi et de cent mille comme toi !

S. V. : — Je vous pardonne d’avance ma mort. Vous me rendrez même un véritable service car, depuis que la force m’a fait sortir de mon couvent où j’étais par ma volonté, je mène dans le monde une vie malheureuse.

Le C. : — Alors fais donc le serment puisque tu es libre.

S. V. : — Précisément, parce que je suis libre, je ne le ferai pas.

Le C. : — Soit, puisque tu t’entêtes, tu comparaîtras devant le Tribunal révolutionnaire et tu verras ce qui t’arrivera.