S. V. : — Il est contraire à mes vœux et ma conscience s’y refuse.
Le C. : — Tu veux donc être esclave ?
S. V. : — Non des hommes mais de Dieu.
Le C. : — Cependant Dieu t’a créée libre ?
S. V. : — Oui, de faire le bien ou le mal. Or ce que vous me demandez est le mal pour moi.
Le C. : — Ce sont tes prêtres qui t’ont monté la tête !
S. V. : — Non, c’est la Convention elle-même qui m’apprend ce que j’ai à faire puisqu’elle déclare que la liberté, comme elle l’entend, est la suppression de tout engagement indissoluble. Comme mes vœux sont indissolubles, je ne puis faire un serment qui les anéantirait.
Le C. : — Alors tu préfères ne pas obéir aux lois ?
S. V. : — Je ne demande pas mieux que d’obéir tant que les lois ne seront pas contraires à ma conscience.
Le C. : — Ta conscience te dit donc que tu es plus élevée que moi qui représente la loi ?