— Du tout, c’est une femme pondérée, pieuse mais nullement encline aux superstitions.

— Elle est tellement raisonnable, observa Mme Dufoyer, que, comme nous la plaisantions sur l’importance qu’elle attachait à ce que nous pensions être la suite d’une mauvaise digestion, elle finit par rire avec nous.

— Puisqu’il en est ainsi, dis-je, le mot de l’énigme m’échappe…

Au cours du repas, nous fîmes encore diverses conjectures, puis, Mme Dufoyer, de plus en plus apeurée, nous pria de changer de propos. Chacun s’y efforça mais la conversation languit. Le mystère pesait sur nous.

Comme nous nous levions de table, le docteur, tout préoccupé, s’exclama : — Je veux savoir à quoi m’en tenir ! Je ne commencerai pas ma tournée chez mes malades avant d’avoir obtenu des informations plus précises que celles qui me furent données à l’époque où j’achetai cette maison. Quelqu’un peut, je crois, me les fournir, c’est le curé. Je vais de ce pas au presbytère. M’accompagnerez-vous ?

J’y consentis d’autant plus volontiers que je connaissais ce prêtre, l’ayant quelque peu fréquenté à l’époque où je résidais dans la région.

Chemin faisant, le docteur m’apprit que c’était précisément le curé qui lui avait signalé la maison comme confortable et d’un prix peu élevé.

— Et il ne vous a point révélé de particularités susceptibles de vous mettre en garde ?

— Non, et c’est bien ce qui m’étonne. S’il savait quelque chose, je trouve sa discrétion fort intempestive.

Rendus au presbytère, nous fûmes tout de suite introduits. Le curé venait de dire sa messe et rompait le jeûne dans sa petite salle à manger. C’était un homme d’une soixantaine d’années, encore vert. Ses yeux vifs sous une chevelure entièrement blanche exprimaient l’intelligence et la bonté.