« Les moines de la Thébaïde accueillirent comme un père celui dont Saint Pacôme avait été l’ami et à qui Saint Antoine avait légué sa tunique. Toujours fugitif, toujours poursuivi, mais toujours protégé par l’indéfectible fidélité de ses hôtes, dont plusieurs se laissèrent torturer plutôt que de le trahir, Athanase erra pendant tout le reste du règne de Constance, c’est-à-dire pendant un an, de désert en désert. Plus d’une fois ses ennemis furent près de l’atteindre. Le dévouement des religieux, son admirable sang-froid, une protection particulière de la Providence le tirèrent de tous les dangers. Un soir, il remontait le Nil en barque lorsqu’il entendit derrière lui un bruit de rames. C’était la galiote de la police impériale. Elle l’eut bientôt rejoint. On l’interpella : « N’avez-vous pas vu Athanase ? Mais si, répond-il aussitôt, il est devant vous. » Comprenant que le proscrit fuyait en amont sur le fleuve, les autres reprirent leur course tandis qu’Athanase virait de bord et regagnait sa retraite. »
Après la mort de Constance, il revint à Alexandrie. C’était maintenant le règne de Julien l’Apostat qui, follement, prétendait restaurer le paganisme. Il eut immédiatement à compter avec Athanase. L’empereur avait interdit de baptiser les idolâtres. Athanase n’eut cure de cette défense. Julien, outré de colère, écrivit au préfet d’Égypte : « Je n’apprendrai de toi aucun acte plus agréable que l’expulsion hors de toutes les villes de ta province de ce misérable Athanase qui, moi régnant, a osé, contre mes ordres, faire des baptêmes. Qu’il soit proscrit ! »
Athanase s’enfuit, une quatrième fois, au désert (363). Mais, par inspiration divine, il savait que ce nouvel exil ne durerait guère. « Soyez sans crainte, dit-il à ses amis, c’est un petit nuage qui passera vite. »
De fait, Julien mourut quelques mois après. Athanase rentra dans Alexandrie. Un peu plus tard l’empereur Valens voulut encore l’en chasser. Mais la population de la ville qui chérissait son grand évêque se souleva en une émeute si violente qu’il fallut rapporter le décret d’expulsion. Les huit années qui suivirent furent à peu près tranquilles pour Athanase. « De sorte, dit le martyrologe romain, que cet homme contre lequel tant de puissances s’étaient conjurées, cet évêque qui avait subi tant d’exils, au milieu des pires dangers, mourut dans son lit le 2 mai 373. »
A présent que nous connaissons l’homme, nous saisirons mieux la signification et la portée du symbole auquel on a donné son nom. La plupart des critiques actuels doutent qu’il l’ait établi tout-à-fait dans la forme où il nous est parvenu. Ils ont peut-être raison. Mais en tout cas, on a le droit de penser que son inspiration s’y révèle. Pour moi, j’y sens la flamme de sa conviction. Je ne puis le réciter sans qu’il me paraisse entendre la voix du Saint combattant pour le Verbe que nous adorons. Je veux donner cette sublime profession de foi pour que ceux qui l’auraient oubliée y puisent un renouvellement de foi dans la doctrine de l’Église.
SYMBOLE DE SAINT ATHANASE
Quiconque veut être sauvé, doit, avant tout tenir la foi catholique.
Et celui qui ne l’aura pas gardée entière et inviolable, se perdra, sans aucun doute, pour l’éternité.
Or la foi catholique consiste en ceci que nous révérons un seul Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l’Unité.