Ami, tu ne seras pas de ceux-là. Tu épouseras joyeusement la sainte pauvreté car, vois-tu, elle est « la grande Dame, veuve depuis Jésus-Christ », disait saint François d’Assise. Quand viendront les ombres du Grand Soir elle maintiendra ceux des catholiques, qui n’encensent pas le Veau d’or, dans la Lumière. En ce crépuscule, peut-être prochain, ce ne sont pas les bien-pensants aux goussets dorés, serviteurs des Juifs, ni les bavards, disciples de Nicomède, des parlements qui sauveront l’Église. Ce seront les très pauvres des monastères et ceux qui, dans le siècle, auront dédaigné l’or corrupteur : des Trappistes, des Jésuites, des Franciscains, des Carmélites, des Clarisses et des Sœurs de l’Assomption, et bien d’autres religieux et moniales de tous les Ordres. Ce seront des prêtres séculiers qui se seront dépouillés pour les indigents, des laïques sans capitaux ni rentes. Oui, c’est ce bataillon sacré qui formera la garde d’honneur autour de Jésus remis en croix.
Prions le Seigneur pour qu’il nous rende dignes d’être enrôlés parmi ces apôtres des derniers temps !…
Note I.
L’évolution future des Juifs me paraît judicieusement suggérée dans un article de Cyr que publia la Croix du 24 juillet 1920. Il n’est pas sans à propos de le reproduire.
PLÉNITUDE DES TEMPS
C’est un bien étrange et troublant corollaire de la grande guerre que cette création d’un « home national » juif en Palestine.
Un « home » c’est un « chez soi ». National, ce « home » fera que tous les fils des douze tribus d’Israël seront politiquement chez eux en Terre Sainte. Et donc les non-juifs indigènes n’y seront plus que des étrangers, plus ou moins tolérés d’abord, puis brimés, évincés, dépossédés au fur et à mesure des arrivages israélites.
Et cela commence. Une correspondance des Nouvelles religieuses du 15 juillet signale l’encombrement, par les immigrants juifs, du chemin de fer qui relie l’Égypte à la Palestine.
Elle montre l’accaparement foncier et la pénétration des administrations par ces nouveaux venus, la diffusion de leur langue devenant peu à peu obligatoire. Ce n’est pas quatre, c’est vingt, c’est cent pieds qu’ils mettent dans le « home » après les deux premiers.
En sorte que tous les juifs du monde ont désormais deux patries… au choix ; celle de leur origine et celle que leur offre la falote munificence de la Société dite des nations. Deux patries, c’est beaucoup. Voilà au moins des gens qu’on ne pourra plus nommer des « sans-patrie ».
Quand un juif sera fatigué de servir l’une — ou que de s’en servir cessera d’être fructueux — il pourra porter ou demander secours à l’autre. En temps de guerre, par exemple, ce sera très commode, car on veillera à ce que les deux patries ne soient pas entraînées dans une même conflagration. Très commode aussi, dans les cas de faillite ou de « persécution » judiciaire de la part des goym : Quel « lieu d’asile » de tout repos qu’un pays où l’on peut se sauver et être « chez soi » avec un gouverneur juif, une police et une magistrature juives ! Les lois du Talmud sont, d’ailleurs, d’une prévoyance paternelle pour toutes ces situations épineuses où peuvent se trouver ses fidèles.
Et puis, pour les mystiques, pour les fervents serviteurs de Jéhovah, quelle sainte jubilation à se retrouver maîtres en cette Jérusalem où leurs pères ont crucifié Jésus, à Bethléem où il naquit, à Nazareth où s’écoulèrent son enfance et sa jeunesse ! Quelle belle suite à donner au Tolle, au Crucifige ! Quelle revanche contre la malédiction dix-neuf fois séculaire qui pèse sur la tête des déicides et de leurs enfants !
C’est un peu l’Amérique et c’est beaucoup l’Angleterre qui ont voulu ce triomphe du sionisme. Ce sont les fils de Richard Cœur de Lion, — brave et versatile comme Lloyd George, traitant volontiers avec l’infidèle et se résignant aisément aux paix ruineuses — ce sont les descendants des Croisés qui ont eu cette paradoxale idée de donner ce couronnement à la grande « Croisade, pour le droit et pour la liberté », qui consiste à imposer aux indigènes syriens un gouvernement juif avec un Samuel Smith comme gouverneur et de convoquer tous les sémites de l’univers pour régner en maîtres absolu en ce « chez soi » installé chez les autres.
Rien, selon nous, ne dénote plus clairement l’emprise des ploutocrates juifs sur le gouvernement anglais, rien sinon l’obstination du Cabinet de Londres à vouloir traiter avec les forcenés commissaires du bolchevisme, dont 99 p. 100 sont des juifs.
Mais cette rentrée du peuple juif à Jérusalem soulève, dans l’esprit des catholiques, des pensées plus graves.
Si cet événement se réalise vraiment et si le « home national » juif s’établit complètement, ce sera un fait capital dans les destinées du monde.
En prédisant avec une saisissante précision de détails la ruine de Jérusalem et du Temple, telle qu’elle eut lieu une quarantaine d’années plus tard (en 70), sous les ordres de Titus, Jésus dit des Juifs : « Ils tomberont sous le tranchant du glaive, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les gentils (les non juifs) jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis. »
Sur ce passage, Bossuet fait cette observation : « Il faut, dit-il, remarquer ce dernier mot : jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis. Il y a un temps des nations, un temps que les gentils doivent persécuter l’Église, un temps qu’ils y doivent entrer. Après ce temps, les juifs que les nations devaient jusque-là fouler aux pieds reviendront. Et après que la plénitude des gentils sera entrée, tout Israël, tout ce qui en restera, sera sauvé. »
La dernière phrase soulignée est de saint Paul. (Rom., XI, 25-26.) Tous les grands interprètes la rapprochent, comme Bossuet, du texte évangélique cité plus haut. D’après eux, lorsque les peuples non israélites auront parcouru les divers stades que leur assignent les décrets divins, quand la plénitude des nations sera entrée dans l’Église ou aura reçu l’annonce de l’Évangile, la miséricorde de Dieu se retournera vers les restes d’Israël, les rassemblera et les ramènera à la vraie foi. Jérusalem, pensent-ils, et, parmi eux, saint Thomas d’Aquin, cessera alors d’être sous la domination des nations et redeviendra la capitale d’Israël. D’autres sont plus précis et trouvant dans Ézéchiel (XXVIII-XXIX) le tableau allégorique de la dernière attaque des nations impies contre l’Église, déduisent de tous ces textes que les juifs réunis de nouveau en corps de nation sur le sol de la Palestine et manifestant alors leurs velléités de conversion au véritable Messie, seront attaqués à l’improviste par une ou plusieurs puissances antichrétiennes (arabes et musulmanes par exemple), dont la défaite, due à une intervention manifeste de Dieu, hâtera la conversion d’Israël à Jésus-Christ.
Quoi qu’il en soit de ces interprétations, il est certain que dans le texte évangélique, ces mots qu’il faut remarquer, dit Bossuet : « Jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis », sont immédiatement suivis de la description grandiose de la fin du monde, de l’avènement du Fils de l’Homme et du jugement dernier : Et erunt signa !
Évidemment, il y aurait témérité à tirer de ces rapprochements des conclusions formelles, attendu que Jésus a eu soin de prévenir que de ces événements nul, pas même les anges, ne connaît ni le jour ni l’heure. Mais nous en profiterons pour rappeler la leçon morale que le divin Maître en déduit :
« Veillez sur vous-mêmes de peur que vos cœurs ne s’appesantissent par les excès de jouissances et par les soucis de la vie, et que ce jour ne fonde sur vous à l’improviste. Veillez et priez sans cesse afin que vous soyez dignes de triompher de tous ces maux et de paraître debout devant le Fils de l’Homme. »
Cyr.
Pour le temps présent, ne pas perdre de vue ceci : la finance juive a besoin, pour ses trafics, que la France soit faible et divisée contre elle-même. De là, des accords sournois avec ses coreligionnaires bolcheviks et une protection occulte accordée à l’Allemagne, son gîte d’étape patrimonial.
Note II.
Comme je corrigeais les épreuves de cette lettre, je lus le tome V des Mélanges de Louis Veuillot. J’y trouvai la citation d’un article d’Eugène Pelletan. C’était un acte d’amour à la pièce de cent sous qui correspondait assez au Credo capitaliste où j’ai tâché de synthétiser l’état d’âme des fervents de l’or. Qu’on ne croie pas à de l’ironie chez Pelletan ; il répondait à un disciple de Proudhon qui préconisait l’abolition du numéraire ; et de là, ce cri du cœur. Lisez :
« Je vois dans un écu toute la loi de l’histoire enfermée dans une parcelle d’argent. Je regarde ce symbole de toute civilisation et je dis : C’est toi qui as racheté le monde… Passe donc de main en main, toi qui nous a rachetés du péché originel, qui tollis peccata mundi ; Christ matériel de notre destinée, je t’aime. »
Et il y a des gens pour prétendre que je suis un homme d’exagérations !…