Mère du Fils, priez pour nous[13] !

[13] Paul Verlaine, Poésies religieuses, préface de J.-K. Huysmans, 1 vol. chez Messein, éditeur. Ne pas oublier que dans ce recueil, comme dans l’œuvre entière de Verlaine, l’inspiration est tout à fait inégale. Des poèmes sublimes y alternent avec des morceaux d’une insigne faiblesse.

Prions donc pour Verlaine en nous rappelant sa plainte et sa requête dans la dernière strophe de l’admirable Chanson du pauvre Gaspard :

Qu’est-ce que je fais en ce monde ?

Suis-je né trop tôt ou trop tard ?

O vous tous, ma peine est profonde :

Priez pour le pauvre Gaspard !…


Il y a des poétesses. Je t’ai déjà dit, je crois, combien cette variété de la gent-de-lettres me paraissait encombrante. Le pire, à notre époque, c’est qu’elles se croient une mission. Elles se hissent volontiers sur un piédestal d’où, taquinant d’un doigt fébrile une guimbarde échevelée, elles poussent des cris aigus et peu rythmiques pour revendiquer l’émancipation de la femme. Leurs vocalises proclament qu’elles entendent « vivre leur vie en beauté ». Cela signifie, en bon français, qu’elles tiennent les préceptes de la religion et les lois de la pudeur pour d’enfantins préjugés. Et aussi, cela veut dire que, pour elles, le comble de la poésie c’est de montrer les parties obscènes de son âme, sans feuille de vigne, à tous les passants comme les ballerines d’opéra montrent leurs jambes aux vieillards libidineux du parterre.

Au vrai, si l’on prête l’oreille une minute aux confidences éhontées de ces dames en folie, on ne peut s’empêcher de les comparer à des cavales hennissantes, lâchées à travers prés et galopant, sans licol ni frein, à la poursuite de l’étalon.