Puis les grilles, ma Sœur, sur tes jours blancs scellées.
Ils diront que ta vie est un morose étang,
Mais tu seras la sainte en flamme qui s’élance,
Radieuse d’avoir épousé le Silence.
Comme tous les contemplatifs, Le Cardonnel est doué d’une extrême sensibilité. Aussi, les sensations âpres ou douces que lui apportent les saisons, suscitent-elles en lui tout un peuple d’images lyriques qui se colorent de teintes joyeuses ou funèbres. Mais la nature n’est pas seulement le décor de ses rêves. Sachant que, comme le dit Baudelaire, « l’homme y passe à travers des forêts de symboles », il la spiritualise. Soit qu’il souffre de ses rigueurs, soit qu’il jouisse de ses sourires, il y voit le miroir où se reflète la face de Dieu.
De là, par exemple ce poème :
FIN D’AUTOMNE
Un bel automne, encor, dans l’abîme se couche :
La vendange est finie et l’arrière-saison,
A travers les champs nus, que bat le vent farouche,