NOTES.

Note du livre XXIX. [659]

Note du livre XXX. [671]

FIN DE LA TABLE DU HUITIÈME VOLUME.

Notes

[1]: Je vais bientôt aborder un sujet fort grave, celui de l'invasion de l'Espagne, et le moment approche où j'aurai à raconter la tragique catastrophe des Bourbons espagnols, origine d'une guerre atroce et funeste pour les deux pays. J'annonce d'avance que, pourvu des seuls documents authentiques qui existent, lesquels sont très-nombreux, souvent contradictoires, et conciliables au moyen seulement de grands efforts de critique, je crois pouvoir donner le secret entier, encore inconnu, des malheureux événements de cette époque, et que sur beaucoup de points je serai en désaccord avec les ouvrages qui ont paru sur le même sujet. Je ne parle pas des mille rapsodies publiées par des historiens, qui n'avaient ni mission, ni informations, ni souci de la vérité. Je parle des historiens dignes d'être pris en considération, de ceux qui ont été admis par exception à puiser dans les dépôts des affaires étrangères et de la guerre, ou de ceux qui, comme M. de Toreno, ayant occupé des postes élevés, avaient outre l'intelligence des choses le moyen d'en être informés. J'aurai à infirmer les assertions des uns et des autres, car sur l'affaire d'Espagne on ne trouve rien au dépôt des affaires étrangères, l'ambassadeur Beauharnais n'ayant jamais eu le secret de son gouvernement, et il n'y a au dépôt de la guerre que le détail des opérations militaires, souvent même incomplet. Enfin, quant aux historiens espagnols, ils n'ont pu connaître le secret de résolutions qui se prenaient toutes à Paris. Tout se trouve dans les papiers particuliers de Napoléon déposés au Louvre, lesquels contiennent à la fois les documents français et les documents espagnols enlevés à Madrid. Dans ces documents, souvent contradictoires comme je viens de le dire, on ne pénètre la vérité qu'à force de comparaisons, de rapprochements, d'efforts de critique. On jugera par les diverses notes que je serai, contre mon usage, obligé de placer au bas des pages de ce livre, que d'efforts il m'a fallu faire, même avec les documents authentiques, pour arriver à la vérité. Mais, dès ce moment même, je déclare que tous les historiens qui ont fait remonter jusqu'à Tilsit les projets de Napoléon sur l'Espagne, se sont trompés; que ceux qui ont supposé que Napoléon s'assura à Tilsit le consentement d'Alexandre pour ce qu'il projetait à Madrid, et qu'il se hâta de signer la paix du Nord pour revenir plus tôt aux affaires du Midi, se sont trompés également. Napoléon n'était convenu à Tilsit que d'une alliance générale, qui lui garantissait l'adhésion de la Russie à tout ce qu'il ferait de son côté, moyennant qu'on laissât la Russie faire du sien tout ce qu'elle voudrait. À cette époque il ne regardait nullement comme pressant de se mêler des affaires d'Espagne; il était plein de ressentiment pour la proclamation du prince de la Paix, se promettait de s'en expliquer un jour, de prendre ses sûretés, mais ne songeait à son retour qu'à imposer la paix à l'Angleterre, en la menaçant d'une exclusion complète du continent, et à se servir du cabinet de Madrid pour amener le cabinet de Lisbonne à ses projets. On verra bientôt comment et par qui lui vint la tentation de se mêler des affaires d'Espagne. Je relève dès à présent cette erreur, je relèverai les autres à mesure que l'ordre des faits et la marche de mon récit le commanderont.

[2]: Depuis prince de Lucques et de Parme.

[3]: Les détails que je rapporte ici peuvent paraître minutieux, mais ils me semblent indispensables pour faire connaître la marche de nos finances, l'habileté administrative de Napoléon et de ses agents, le temps singulier dans lequel ils vivaient. Ces détails, et surtout ceux qui vont suivre sur la création du nouveau système de trésorerie, sont extraits, non des publications officielles, devenues fort rares à cette époque, restées d'ailleurs très-incomplètes, et surtout parfaitement muettes sur les moyens d'exécution, mais des Archives même du Trésor. J'ai fait sur ces archives, avec l'autorisation de MM. les ministres des finances Humann et Dumon, un travail considérable, dont j'ai été dédommagé, quelque long qu'il ait pu être, par l'instruction que j'ai recueillie, sur l'origine et la marche de notre administration financière. Je me suis fort éclairé aussi pour ce qui concerne cette époque, dans la lecture des mémoires inédits, et très-importants, de M. le comte Mollien. Je garantis donc la parfaite exactitude des détails qui ont précédé et qui vont suivre, quant aux faits en eux-mêmes et quant aux chiffres. Seulement j'ai donné les sommes rondes, et, pour les chiffres variables d'un jour à l'autre, les sommes moyennes, qui exprimaient le mieux la vérité durable des choses.

[4]:

27,369,022 fr.pour 465 jours,se décomposant ainsi qu'il suit:
Pour 130 jours14,385,680fr.
Pour 197 jours8,609,872
Pour 138 jours4,373,470
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27,369,022