»Cette obstination de M. de Romanzoff n'est pas le produit du moment. Elle tient à de longues réflexions qui n'ont eu qu'un but, à une attente impatiemment supportée, enfin à l'opinion que dans le moment actuel rien ne peut s'opposer à l'exécution des vues de la Russie. Je désespère de la vaincre.
»Je suis avec respect, etc.
»Signé Champagny.»
[18]: M. de Talleyrand, en effet, comme nous l'avons dit, savait d'une manière générale qu'il s'agissait d'une convention qui fixerait les principes sur lesquels reposerait l'alliance; mais il ignorait que le point principal, c'était le don de la Moldavie et de la Valachie, et surtout que le point contesté était le délai de quelques semaines qu'on voulait imposer à la Russie avant de faire des démarches ouvertes relativement aux provinces cédées.
[19]: J'ai bien des fois, dans ma jeunesse, recueilli ce récit de la bouche même de M. de Talleyrand, et, en le confrontant avec les pièces officielles, j'ai pu constater à quel point il était vrai.
[20]: On a vu dans le livre précédent que Napoléon avait porté tous les régiments à cinq bataillons; que, pour ceux qui étaient en Allemagne, il en voulait quatre à l'armée, le cinquième au dépôt sur le Rhin; que, pour ceux qui servaient en Espagne, il en voulait trois au delà des Pyrénées, le quatrième à Bayonne comme premier dépôt, et le cinquième dans l'intérieur de la France comme second dépôt.
[21]: Je cite à cet égard une lettre curieuse du maréchal Jourdan, chef d'état-major de Joseph, et chargé de commander quand Berthier et Napoléon n'y étaient pas.
«Le maréchal Jourdan au général Belliard.
»Vittoria, le 30 octobre 1808.
»Mon cher général, malgré le peu de bonne volonté d'un chacun, le général Morlot est à Lodosa, le maréchal Ney à Logroño. L'ennemi nous a laissé le temps de faire nos allées et nos venues, et nous a laissés prendre nos positions.