»Alexandre.»

[24]: Voici à ce sujet une nouvelle lettre de Napoléon qui nous semble digne d'être rapportée:

L'Empereur au roi d'Espagne.

«Cubo, le 10 novembre 1808.

»Je pars à une heure du matin pour être rendu incognito demain ayant le jour à Burgos, où je ferai mes dispositions pour la journée; car vaincre n'est rien si l'on ne profite pas du succès.

»Je pense que vous devez vous rendre à Briviesca demain.

»Autant je pense devoir faire peu de cérémonie pour moi, autant je crois qu'il faut en faire pour vous. Pour moi, cela ne marche pas avec le métier de la guerre; d'ailleurs, je n'en veux pas.

»Il me semble que des députations doivent venir au-devant de vous et vous recevoir au mieux. À mon arrivée, j'ordonnerai tout pour le désarmement et pour brûler l'étendard qui a servi à la publication de Ferdinand. Donnez l'impulsion pour faire sentir que cela n'est pas pour rire.

»On me mande que l'armée d'Estrémadure est détruite. C'est d'ailleurs une infâme canaille fanfaronne, qui n'a pas soutenu la charge d'une brigade du général Mouton.

»Si vous savez quelque chose du côté d'Orduña ou des maréchaux Lefebvre ou Victor, mandez-le-moi. L'espérance d'avoir quelque nouvelle de ce côté m'a fait rester ici.