Invasion de la Franconie et de la Saxe par des insurgés allemands suivis de quelques troupes régulières autrichiennes. Les Autrichiens, qui connaissaient cet état de choses puisqu'ils en étaient les auteurs, venaient de l'aggraver par une disposition très-dangereuse pour nous. Ils avaient donné au duc de Brunswick-Oels, fils du fameux duc de Brunswick, les moyens de lever un corps composé de réfugiés de toutes les provinces allemandes, particulièrement de Prussiens. Ils lui avaient en outre adjoint quelques troupes régulières et quelques landwehr, le tout formant à peu près 8 mille hommes, et l'avaient dirigé de la Bohême vers la Saxe, en le faisant précéder des bruits les plus mensongers sur la prétendue victoire remportée sur les Français à Essling. Ils avaient en même temps dirigé un autre corps de quatre mille hommes environ, moitié troupes régulières, moitié landwehr, de la Bohême vers la Franconie, en semant les mêmes bruits sur son chemin. Le premier corps s'était avancé de Prague sur Dresde, où il était entré sans coup férir, après avoir forcé par sa seule approche la cour de Dresde à se réfugier à Leipzig. Le second avait marché d'Egra sur Bayreuth, en profitant du dénûment où la guerre du Danube avait laissé nos alliés de la Bavière et du Wurtemberg. Leur plan était de pousser sur la Thuringe, de s'y réunir en une seule masse, sous les ordres du général Kienmayer, et d'entrer en Westphalie pour en expulser le roi Jérôme. Celui-ci, effrayé du danger qui le menaçait, s'était hâté de demander à Paris des ressources qui n'existaient pas, et ses cris de détresse avaient fini par y produire une sorte d'alarme.
Fin des aventures du major Schill. L'apparition de ces diverses colonnes avait excité une vive agitation en Allemagne, mais sans y provoquer cependant aucun mouvement insurrectionnel, malgré tout ce que s'en étaient promis les Autrichiens, parce que le prestige de Napoléon était encore entier, parce qu'on regardait comme difficile d'abattre sa puissance, et que tout en répandant qu'il était vaincu, on n'en était pas assez persuadé pour oser prendre les armes. L'exemple de ce qui venait d'arriver au major Schill n'avait de quoi tenter personne. Ce hardi partisan, croyant obéir à la pensée secrète de son gouvernement en désobéissant à ses ordres patents, était, comme on l'a vu, sorti de Berlin avec un corps de cavalerie prussienne, et s'était mis à courir la campagne, dans l'espoir qu'il entraînerait à sa suite l'armée et les populations. Bien accueilli de tout le monde, sans être suivi de personne, et même déconcerté par les déclarations sévères parties de Kœnigsberg, il s'était enfui en Mecklembourg, puis en Poméranie, et avait surpris la place mal gardée de Stralsund, avec l'intention d'y soutenir un siége. Assailli bientôt par un corps hollandais, et même par un corps danois qui avait voulu donner à Napoléon cette preuve de dévouement, il n'avait pu défendre une place forte avec de la cavalerie, et tâchant de se sauver par une porte tandis que les troupes hollandaises entraient par l'autre, il était tombé sous le sabre d'un cavalier hollandais. Le malheureux, victime de son patriotisme désordonné, avait vu en expirant sa troupe prise, détruite ou dispersée. C'était jusqu'alors le seul fruit des insurrections allemandes. Les cœurs n'en étaient pas moins exaspérés contre nous, et il ne fallait qu'un revers, non pas supposé, mais réel, pour que les peuples encore intimidés fissent explosion d'un bout du continent à l'autre.
Suite de la campagne du prince Poniatowski en Pologne. En Pologne, la campagne habilement conduite par le prince Poniatowski, avait eu des résultats inespérés, quoique peu décisifs. Livrant la rive gauche de la Vistule à l'impatience des Autrichiens, qui non contents d'occuper Varsovie, avaient eu l'imprudence de descendre jusqu'à Thorn, ce prince s'était réservé la rive droite, les avait repoussés toutes les fois qu'ils avaient voulu la franchir, puis l'avait remontée jusqu'en Gallicie, pour réveiller l'esprit insurrectionnel des Polonais couvant sourdement dans cette province. À son apparition, en effet, une partie des Galliciens s'étaient levés et lui avaient offert des vivres, des munitions et des hommes. Il était entré à Sandomir, et menaçait même Cracovie. L'archiduc Ferdinand, ramené en arrière par les opérations du prince Poniatowski, avait été obligé de faire une retraite rapide, qu'on aurait pu interrompre, et rendre désastreuse en passant de la rive droite sur la rive gauche, pour l'arrêter dans son mouvement rétrograde. Un corps polonais de 5 mille hommes sous le général Dombrowski s'était proposé ce plan, mais il était incapable à lui seul de l'accomplir, et courait la chance de se faire écraser, sans avoir celle d'arrêter l'ennemi. Les Russes, sous le prince Gallitzin, arrivés en ligne vers les derniers jours de juin, tandis qu'ils auraient dû y être en avril, pouvaient exécuter cette manœuvre, et ne pas laisser revenir en Gallicie un seul Autrichien. Le prince Poniatowski les suppliant d'agir ainsi, avait trouvé chez eux une mauvaise volonté évidente, que n'expliquaient plus la saison, le débordement des rivières, l'imperfection de l'administration russe. Refus des Russes d'aider les Polonais contre les Autrichiens. Le vrai motif de leur inaction, c'est qu'ils éprouvaient à détruire les Autrichiens au profit des Polonais, une répugnance telle qu'ils désobéissaient aux ordres mêmes de leur gouvernement. Le prince Gallitzin, fortement réprimandé par Alexandre, avait montré un peu moins de froideur au prince Poniatowski, mais il n'avait rien fait pour vaincre la résistance de ses lieutenants, et l'un d'eux, le prince Gortschakoff, avait même écrit qu'il arrivait dans l'espérance de se joindre aux Autrichiens et non aux Polonais. Ceux-ci ayant intercepté la lettre l'avaient envoyée avec beaucoup d'autres à Saint-Pétersbourg. Partout où les avant-postes russes et autrichiens se rencontraient, ils se tendaient la main en se promettant de servir bientôt ensemble. En un mot, les divisions russes parvenues enfin sur le territoire de la Gallicie ne semblaient y être venues que pour comprimer l'insurrection gallicienne. Sous prétexte de prendre possession du pays, elles supprimaient partout les nouvelles autorités polonaises, et rétablissaient les anciennes autorités autrichiennes.
Tandis que les Russes manquaient ainsi à leur parole, probablement contre le gré de leur souverain, les Polonais manquaient de leur côté, contre le gré également de Napoléon, à celle qu'on avait donnée aux Russes, et annonçaient dans toutes leurs proclamations le prochain rétablissement de la Pologne. Napoléon leur avait néanmoins bien recommandé de ne parler que du grand-duché de Varsovie, et de ne pas lui aliéner la Russie par un langage imprudent. Il n'avait cessé de leur dire que le jour viendrait où, sans faillir à ses engagements, sans s'attirer plus d'ennemis qu'il n'en pouvait combattre à la fois, il achèverait leur reconstitution en agrandissant peu à peu le duché de Varsovie; qu'il ne pouvait pas tout faire d'un seul coup; qu'il lui fallait pour achever son œuvre du temps et des occasions; qu'en ce moment manifester des espérances, exprimer des vœux prématurés, c'était le mettre inutilement en péril, et s'y mettre soi-même. Napoléon, en donnant ces conseils, n'avait pas été plus écouté par les Polonais qu'Alexandre par les Russes. Toutefois il faut reconnaître qu'Alexandre, s'il s'y était appliqué sincèrement, aurait pu sur les Russes beaucoup plus que Napoléon sur les Polonais. Mais il était Russe aussi, et travailler au rétablissement de la Pologne en aidant les Polonais contre les Autrichiens lui coûtait presque autant qu'à ses soldats. Lui-même, sans s'en douter, était le premier en révolte contre sa propre politique.
Telles étaient les perplexités de l'Europe entière, pendant que l'archiduc Charles et Napoléon luttaient l'un contre l'autre, sous les murs de Vienne. Bien qu'il y eût là des symptômes graves, qui auraient dû servir d'avertissements à un politique sage, il n'y avait rien qui pût alarmer, ni détourner de son but essentiel, un aussi grand capitaine que Napoléon. Quelques progrès ou quelques revers en Pologne, quelques courses de partisans en Saxe et en Poméranie, une nouvelle retraite des Bavarois en Tyrol, étaient peu de chose. Passer le Danube, battre l'archiduc Charles, était l'opération décisive, qui devait faire tomber toutes les dispositions hostiles, fussent-elles suivies de commencements d'insurrection plus ou moins inquiétants. Quelques précautions prises par Napoléon contre les mouvements insurrectionnels de l'Allemagne. Aussi Napoléon n'en était-il que médiocrement ému, et n'attachait-il d'importance qu'à ce qui se passait autour de lui entre Lintz, Léoben, Raab, Presbourg et l'île de Lobau. Il s'était donc borné à un petit nombre de précautions fort sages, fort bien conçues, et surtout très-suffisantes dans le cas où il réussirait à frapper à Vienne le coup principal et définitif. Il avait envoyé à Milan le général Caffarelli, ministre de la guerre du royaume d'Italie, pour remplacer par une autorité élevée le prince Eugène. Il lui ordonna de réunir tout ce qu'il y avait de détachements disponibles pour bloquer le Tyrol italien, en occupant les débouchés des montagnes. Il prescrivit au prince Eugène de laisser la division Rusca à Klagenfurth, pour opérer le même blocus du côté de la Carinthie. Le général bavarois Deroy dut en faire autant du côté de la Bavière, en occupant Rosenheim et Kufstein, de manière à renfermer cette espèce d'incendie dans des limites qu'il ne pût franchir, sauf à sévir plus activement contre les Tyroliens, lorsqu'on en aurait fini avec la grande armée autrichienne. Quant à la Souabe et au Vorarlberg, Napoléon avait de quoi les contenir dans le rassemblement formé à Augsbourg, rassemblement qui se composait des dragons provisoires, du 65e de ligne, des régiments de conscrits de la garde, enfin des nombreuses troupes de passage. Il prescrivit au général Beaumont de s'établir, avec quelques-unes de ces troupes, à Kempten, à Lindau, le long du lac de Constance, afin de refouler tout ce qui voudrait déboucher des montagnes.
Le général Bourcier commandait à Passau le dépôt général de la cavalerie. Il avait là tous les hommes à pied, les détachements de recrues, les ateliers de sellerie, un marché ouvert pour les achats de chevaux, et il remettait en état de servir les hommes démontés, fatigués ou malades. Napoléon lui ordonna de se détourner un moment de ce dépôt, d'y laisser un remplaçant capable de le suppléer, puis de prendre avec lui deux régiments de dragons formant 2 mille chevaux, le régiment à cheval de Berg, plus 2 à 3 mille Bavarois tirés des places du Palatinat, et de s'avancer sur Bayreuth. De son côté, le général Rivaud, établi à Wurzbourg à la tête de deux demi-brigades provisoires, devait se diriger de Wurzbourg sur Bayreuth, s'y réunir au général Bourcier, et marcher avec lui contre le petit corps qui venait de sortir de la Bohême. Cette courte expédition terminée, le général Bourcier avait ordre de retourner à Passau pour y reprendre le commandement de son dépôt de cavalerie. Le général Rivaud devait se joindre à quatre demi-brigades rassemblées à Hanau sous le maréchal Kellermann, et se porter vers la Saxe contre les Autrichiens entrés à Dresde. Napoléon écrivit à Paris, soit au ministre de la guerre Clarke, soit au ministre de la police Fouché, pour leur reprocher sévèrement les craintes qu'ils avaient trop facilement conçues à l'occasion des événements de Dresde et de Bayreuth. Les ministres restés à Paris avaient été fort émus en effet des cris de détresse poussés par le roi Jérôme, et ils étaient allés jusqu'à croire que la Prusse se préparait à déclarer la guerre.—Si quelques courses insignifiantes vous alarment à ce point, leur écrivit Napoléon, que feriez-vous donc si des événements graves survenaient, de ces événements de guerre qui peuvent cependant arriver sans qu'on succombe? Je suis bien peu satisfait, ajoutait-il, de voir les hommes attachés à mon service montrer si peu de caractère, et donner eux-mêmes le signal des plus ridicules terreurs. Il ne peut y avoir d'événements sérieux que sur le théâtre où j'opère, et là je suis présent pour tout dominer.—
Les alarmes que l'on concevait si facilement à Paris étaient pour la politique de Napoléon une critique involontaire dont il s'irritait, et qu'il ne pardonnait pas même à ses serviteurs les plus dévoués. Du reste, il avait raison de dire que tout était de peu d'importance ailleurs que sur le théâtre où il opérait, que victorieux sur ce théâtre, il le serait partout. Aussi ne négligeait-il rien pour l'être prochainement et complétement.
Soins de Napoléon pour préparer la concentration de son armée, et empêcher celle de l'armée autrichienne. Une fois le prince Eugène vainqueur à Raab, l'archiduc Jean et l'archiduc palatin rejetés au delà du Danube, et la jonction des armées d'Italie et de Dalmatie assurée, Napoléon n'avait plus à s'occuper que d'un seul objet, avant de livrer sa dernière bataille, c'était d'empêcher que les deux archiducs repassant le Danube à Presbourg ou à Komorn, ne suivissent les armées françaises d'Italie et de Dalmatie, quand celles-ci viendraient combattre sous les murs de Vienne. (Voir la carte no 32.) Il fallait pour cela interdire aux Autrichiens l'usage du pont de Presbourg, et de plus occuper la ligne de la Raab, destinée à nous couvrir du côté de la Hongrie, de manière qu'elle pût arrêter les Autrichiens pendant trois ou quatre jours, temps fort suffisant pour exécuter le mouvement des armées d'Italie et de Dalmatie sur Vienne. Les Autrichiens avaient un pont à Presbourg, et une tête de pont au village d'Engerau. Ils avaient en outre conservé la place de Raab, après la victoire remportée sur la rivière de ce nom par le prince Eugène.
Napoléon qui avait porté le maréchal Davout avec une de ses divisions jusque devant Presbourg, lui assigna la tâche d'enlever Engerau, de détruire le pont de Presbourg, et même, s'il le pouvait, celui de Komorn, situé beaucoup plus bas. Il assigna au prince Eugène la tâche de prendre la place de Raab, ne tenant sa récente victoire pour véritablement fructueuse qu'autant qu'elle procurerait cette conquête. Il fit échelonner tous les chevaux d'artillerie, qui n'étaient pas employés aux travaux de l'île de Lobau, sur la route de Presbourg et de Raab pour y amener du gros canon, et en tirer en retour les grains dont la Hongrie abondait. Quoique aucun général ne fût moins cruel que Napoléon, il était inexorable toutefois dans l'accomplissement de ses desseins, et il ordonna de pousser l'emploi des moyens de guerre, à l'égard de Presbourg et de Raab, jusqu'à la dernière rigueur, afin de s'emparer de ces deux points. Les moyens prescrits étaient terribles, mais ainsi le voulait le salut de l'armée et de l'empire.
Attaque du maréchal Davout contre la tête du pont de Presbourg. Le maréchal Davout, placé sous les murs de Presbourg dès les derniers jours de mai, commença par attaquer avec la division Gudin les retranchements d'Engerau, qui servaient à couvrir un pont de bateaux jeté devant Presbourg, et appuyé sur plusieurs îles. Ces retranchements se composaient d'épaulements en terre, liés au village d'Engerau, et défendus par une nombreuse artillerie. Le maréchal Davout les fit aborder avec la vigueur que ses soldats déployaient en toute occasion. Mais les Autrichiens, qui appréciaient l'importance de la position qu'ils défendaient, la disputèrent avec une égale énergie. Ils perdirent 15 ou 1800 hommes et nous 800 devant cette simple tête de pont. Les ouvrages enlevés, le maréchal Davout se trouvait au bord du fleuve. La partie du pont qui aboutissait de notre côté avait été repliée, mais les portions restantes étaient établies, entre des îles retranchées, qu'il eût fallu conquérir l'une après l'autre, ce qui aurait exigé une opération des plus difficiles et des plus longues. Efforts pour détruire le pont de Presbourg. On employa pour détruire ces autres portions du pont tous les moyens imaginables. On lança des bateaux chargés de pierres, des moulins en feu, comme avaient fait les Autrichiens pour rompre notre grand pont, lors des journées d'Essling. Mais celui qu'ils avaient à Presbourg, œuvre du temps, gardé d'ailleurs par des bateliers qui arrêtaient les corps flottants entraînés par le fleuve, résistait à toutes ces tentatives, et n'en était nullement ébranlé. Le maréchal Davout alors, par l'ordre de l'Empereur, disposa des batteries de pierriers, d'obusiers, de mortiers, sur le bord du Danube, et fit tomber sur les îles une horrible pluie de feu et de fer. Les soldats autrichiens supportèrent ce genre d'attaque avec une rare résignation, et n'en demeurèrent pas moins dans les îles qu'ils avaient mission de défendre. Poussé à bout par cette résistance, Napoléon ordonna de sommer la ville de Presbourg elle-même, et si elle refusait ou de se rendre, ou au moins de détruire son pont, de la ruiner jusque dans ses fondements. Inutile bombardement de Presbourg. Le maréchal Davout, qui était un parfait honnête homme, mais un militaire impitoyable, commença sans hésiter cette cruelle exécution. Après avoir sommé le général Bianchi, commandant de Presbourg, il donna le signal du feu, et en quelques heures il jeta une innombrable quantité de bombes sur la malheureuse ville condamnée à subir toutes les horreurs de la guerre. Après avoir allumé un incendie dans plusieurs quartiers, il somma de nouveau le commandant, ne demandant que ce dont il ne pouvait pas se départir, la destruction du pont. Le général Bianchi répondit que la conservation du pont étant nécessaire à la défense de la monarchie autrichienne, la ville de Presbourg supporterait les dernières extrémités plutôt que de consentir aux conditions qu'on mettait à son salut. Moyens par lesquels le maréchal Davout supplée à la prise de Presbourg. Le maréchal Davout recommença ses rigueurs. Mais voyant qu'elles resteraient sans résultat, car le général autrichien s'obstinait dans sa résistance, il céda enfin à un mouvement d'humanité, et eut recours à des moyens différents pour annuler les communications d'une rive à l'autre. Que fallait-il, après tout, pour atteindre le but qu'on se proposait? Arrêter pendant trois ou quatre jours le corps autrichien qui se présenterait de ce côté, temps qui suffisait à la concentration des troupes françaises sous les murs de Vienne. Le maréchal établit donc une suite de retranchements qui se liaient au château fortifié de Kittsée, à l'île fort étendue de la Schutt, à la rivière et à la place de Raab. (Voir la carte no 32.) Quelques mille hommes s'éclairant le long de l'île de la Schutt et de la rivière de la Raab par de la cavalerie légère, défendant les retranchements d'Engerau, se repliant, s'ils étaient forcés, sur le château de Kittsée, tandis que la place de Raab se défendrait de son côté, pouvaient retenir l'ennemi pendant le nombre de jours nécessaire, et ralentir son arrivée jusqu'au moment où tout serait décidé sous les murs de Vienne. Ces dispositions convenues avec Napoléon furent définitivement exécutées et dispensèrent de continuer plus long-temps la destruction de Presbourg.