Le passage presque terminé à la pointe du jour du 5, sans avoir été troublé par les Autrichiens. Quand le jour vint éclairer les bords du fleuve, vers quatre heures du matin, un spectacle des plus imposants se présenta aux yeux surpris des deux armées. L'orage était dissipé. Le soleil se levant radieux faisait reluire des milliers de baïonnettes et de casques. À droite le général Oudinot s'élevait dans la plaine, tandis que son arrière-garde foudroyait le château de Sachsengang. (Voir les cartes nos 48 et 49.) À gauche Masséna s'appuyait à la ville d'Enzersdorf, qui brûlait encore sans pouvoir rendre les feux dont elle était criblée, car son artillerie avait été éteinte en quelques instants. Entre ces deux corps, celui de Davout, passé tout entier, remplissait l'intervalle. Une partie de l'artillerie et de la cavalerie avait défilé sur le pont de pontons; le reste se pressait sur le pont de radeaux. La garde impériale suivait, pour passer à son tour. Soixante-dix mille hommes étaient déjà en bataille sur la rive ennemie, capables à eux seuls de tenir tête aux forces de l'archiduc Charles. Bernadotte, avec les Saxons, s'apprêtait à défiler après la garde impériale. Les armées d'Italie et de Dalmatie, la division bavaroise, transportées pendant la nuit dans la Lobau, s'avançaient de leur côté. Tout marchait avec un ensemble merveilleux et irrésistible. Les soldats à qui on avait défendu d'allumer des feux pendant la nuit, pour ne pas offrir un but aux projectiles de l'ennemi, et qui étaient tout mouillés par la pluie, se réchauffaient aux premières ardeurs d'un soleil de juillet. Quelques-uns sortaient des rangs pour embrasser des parents, des amis, qu'ils n'avaient pas vus depuis des années, car des corps venus, les uns du fond de la Dalmatie, les autres des confins de la Pologne et de l'Espagne, se rencontraient sur ce nouveau champ de bataille, après s'être séparés à Austerlitz, pour se rendre aux extrémités opposées du continent. Des Bavarois, des Badois, des Saxons, des Polonais, des Portugais, des Italiens, mêlés à des Français, se trouvaient à ce rendez-vous des nations, prêts à se battre pour une politique qui leur était étrangère. La joie de nos soldats éclatait de toutes parts, bien que le soir même un grand nombre d'entre eux ne dussent plus exister. Le soleil, la confiance dans la victoire, l'amour du succès, l'espoir de récompenses éclatantes les animaient. Ils étaient enchantés surtout de voir le Danube vaincu, et ils admiraient les ressources du génie qui les avait transportés si vite, et en masse si imposante, d'une rive à l'autre de ce grand fleuve. Apercevant Napoléon qui courait à cheval sur le front des lignes, ils mettaient leurs schakos au bout de leurs baïonnettes, et le saluaient des cris de vive l'Empereur[37]!

Prise de la petite ville d'Enzersdorf et du château de Sachsengang. D'après l'ordre de Napoléon, on dut s'emparer à gauche de la ville d'Enzersdorf, à droite du château de Sachsengang, afin de ne pas laisser d'ennemis sur ses derrières, en se déployant dans la plaine. Quelques ouvrages de campagne d'un très-faible relief couvraient les portes de cette petite ville, à moitié réduite en cendres. Un bataillon autrichien la défendait, mais il avait presque épuisé ses munitions, et il allait être remplacé par un autre, lorsque Masséna ordonna l'attaque. Ses deux aides de camp, Sainte-Croix et Pelet, assaillirent l'une des portes d'Enzersdorf avec le 46e, tandis que Lasalle, enveloppant la ville avec sa cavalerie légère, empêcha qu'on ne lui portât secours. L'infanterie enleva à la baïonnette les ouvrages élevés aux portes, entra dans les rues en flammes, et prit du bataillon ennemi tout ce qui ne fut pas tué. Les hommes qui essayèrent de sortir furent sabrés par la cavalerie du général Lasalle.

De son côté, le général Oudinot, après avoir canonné le château de Sachsengang, le fit sommer. Le commandant de ce château se voyant comme noyé au milieu de cent cinquante mille hommes, se rendit sans résistance. Dès lors, l'armée n'avait plus rien sur ses ailes qui dût l'inquiéter ou la gêner. Elle pouvait se déployer dans la plaine, vis-à-vis de l'archiduc Charles, et lui offrir la bataille au pied des hauteurs de Wagram. L'archiduc Charles replie ses avant-gardes sur le corps de bataille. Ce prince voyait en ce moment toutes ses prévisions cruellement trompées. Croyant que les Français passeraient comme la première fois à la gauche de l'île, il n'avait placé à la droite que Nordmann, sans l'appui d'aucun ouvrage, et avait rangé le corps de Klenau tout entier derrière les retranchements d'Essling et d'Aspern, devant lesquels nous ne devions pas déboucher. Après une telle méprise il ne restait à ses avant-gardes d'autre ressource que celle de se retirer, car si elles s'obstinaient Klenau allait être pris à revers dans les redoutes d'Essling et d'Aspern. Au surplus l'archiduc généralissime, ne jugeant pas encore la situation aussi grave qu'elle l'était véritablement, crut que le passage n'était effectué qu'en partie, que l'armée française emploierait au moins vingt-quatre heures pour franchir le fleuve et se déployer, et qu'il aurait le temps de l'assaillir avant qu'elle fût en mesure de se défendre. Placé sur une hauteur, à côté de son frère l'empereur, qui lui demandait compte des événements, il lui dit qu'à la vérité les Français avaient forcé le Danube, mais qu'il les laissait passer pour les jeter dans le fleuve.—Soit, répondit l'empereur avec finesse, mais n'en laissez pas passer un trop grand nombre[38].—L'archiduc Charles, qui n'avait plus le choix, fit ordonner à Klenau de ne pas se compromettre, et de se replier avec ordre sur le gros de l'armée.

Journée du 5 juillet. Napoléon, ayant les trois quarts de son armée au delà du fleuve, ne songea plus qu'à gagner du terrain afin de pouvoir se mettre en bataille. Marchant toujours avec une extrême prudence, il ordonna diverses précautions avant de s'avancer davantage. Quoiqu'il eût assez de ponts pour transporter ses troupes d'une rive à l'autre, il voulait recevoir son matériel plus vite, et surtout en cas de malheur avoir de nombreux moyens de retraite. En conséquence, il fit jeter encore trois ponts, qui, ajoutés aux quatre qu'on avait établis dans la nuit, faisaient sept. Dernières précautions de Napoléon pour assurer ses derrières avant de se déployer dans la plaine de Wagram. Tous les matériaux étant prêts, il allait être obéi en quelques heures. Il prescrivit en outre d'élever un nombre égal de têtes de pont, les unes en fascines, les autres en sacs à terre préparés à l'avance, afin que l'armée en s'éloignant ne pût pas être privée de ses communications par une brusque invasion sur ses derrières. Enfin il confia à un excellent officier, déjà fort connu, et très-propre à la guerre défensive, au général Reynier, la garde de l'île de Lobau. Il lui laissa sept bataillons, dont deux devaient garder les grands ponts, un le pont du confluent, un les ponts du petit bras, trois former une réserve au centre de l'île de Lobau. Ordre était donné de ne laisser passer personne de l'autre côté du fleuve, si ce n'est les blessés.

Ordre dans lequel l'armée s'avance dans la plaine de Wagram. Ces précautions prises, Napoléon commença à se déployer dans la plaine, sa gauche immobile près d'Enzersdorf et du Danube, sa droite en marche pour s'approcher des hauteurs de Wagram, opérant par conséquent un mouvement de conversion. Il était formé sur deux lignes: en première ligne on voyait Masséna à gauche, Oudinot au centre, Davout à droite; en seconde ligne on voyait Bernadotte à gauche, Marmont et de Wrède au centre, l'armée d'Italie à droite. La garde et les cuirassiers présentaient en arrière une superbe réserve. L'artillerie s'avançait sur le front des corps, entremêlée de quelques détachements de cavalerie. Le gros de la cavalerie, hussards, chasseurs et dragons, était répandu sur les ailes. Napoléon était au centre, calme, mais naturellement un peu enivré de sa puissance, comptant sur une victoire certaine et décisive.

On continua de gagner du terrain, en pivotant toujours sur sa gauche, les corps qui étaient en première ligne s'écartant les uns des autres pour faire place successivement à ceux qui étaient en seconde, et l'armée entière se déployant ainsi en éventail devant l'ennemi qui se repliait sur les hauteurs de Wagram. Notre artillerie tirait en marchant; notre cavalerie chargeait la cavalerie autrichienne quand elle pouvait l'atteindre, ou enlevait les arrière-gardes d'infanterie quand il en restait à sa portée. Le corps de Davout trouvant sur son chemin le village de Rutzendorf, contre lequel on ne pouvait se servir de la cavalerie, le fit attaquer et emporter par de l'infanterie. (Voir les cartes nos 48 et 49.) On y recueillit quelques centaines d'hommes. La division française Dupas, marchant avec les Saxons de Bernadotte, enleva de même le village de Raschdorf. Sur ce point la cavalerie autrichienne, ayant voulu soutenir son infanterie, fut vivement repoussée par les cuirassiers saxons, qui, sous l'aide de camp Gérard (depuis maréchal), se comportèrent vaillamment. Masséna, remontant avec lenteur les bords du Danube, rencontra dans son mouvement Essling, puis Aspern, les prit à revers, et y entra sans résistance. Le sixième corps de Klenau se retira par Leopoldau sur Stamersdorf et Gerarsdorf. Ainsi l'audace de notre débouché sur la droite avait fait tomber toutes les défenses de l'ennemi sur la gauche, et il ne lui restait d'autre ressource que de nous disputer la plaine du Marchfeld en nous livrant le lendemain une bataille sanglante. Le 5 à six heures du soir, nous bordions dans toute son étendue la ligne des hauteurs de Wagram, après avoir perdu pour exécuter cette opération magnifique quelques centaines au plus de nos soldats, mis hors de combat près de deux mille Autrichiens, et fait à Sachsengang, à Enzersdorf, à Raschdorf, à Rutzendorf, environ trois mille prisonniers[39].

Description de la position de Wagram, sur laquelle étaient établis les Autrichiens. L'armée française, qui s'était déployée en marchant, ne formait plus qu'une longue ligne d'environ trois lieues, parallèle à celle des Autrichiens, laquelle était presque droite de Neusiedel à Wagram, mais courbe au centre vers Aderklaa, et se continuait demi-circulairement par Gerarsdorf et Stamersdorf jusqu'au bord du Danube. (Voir la carte no 49.) De Neusiedel, village dominé par une tour carrée, à Wagram, s'étendaient en pente douce les hauteurs sur lesquelles était campée l'aile gauche de l'armée autrichienne, au nombre de 75 mille hommes environ, et sous la protection d'un ruisseau bourbeux, celui du Russbach. C'est là qu'avec le secours de l'art on aurait pu, comme nous l'avons déjà dit, élever des retranchements invincibles, mais on n'y voyait heureusement que les baraques du camp. À Neusiedel, c'est-à-dire à l'extrême gauche des Autrichiens, se trouvait le prince de Rosenberg avec l'avant-garde de Nordmann et une nombreuse cavalerie: moins à gauche, vers Baumersdorf, était établi le corps de Hohenzollern, et en approchant du centre, à Wagram, le corps de Bellegarde avec le quartier général de l'archiduc Charles. C'est vers ce point que la ligne de bataille commençait à se recourber pour joindre le Danube, et que cessait l'utile protection du Russbach. Les Autrichiens avaient à leur centre même la réserve de grenadiers et de cuirassiers, s'étendant en demi-cercle de Wagram à Gerarsdorf. Ils avaient à leur droite le troisième corps sous le général Kollowrath, le sixième sous le général Klenau, lequel venait de se retirer d'Essling et d'Aspern, enfin le cinquième sous le prince de Reuss, entre Gerarsdorf, Stamersdorf et le Danube.

La ligne française suivait exactement les contours de la ligne ennemie. Devant l'aile gauche des Autrichiens nous avions notre aile droite, c'est-à-dire Davout établi au village de Glinzendorf, faisant face au corps de Rosenberg, et Oudinot établi au village de Grosshofen, faisant face au corps de Hohenzollern. Au centre se trouvait l'armée d'Italie opposée au corps de Bellegarde. En tournant à gauche, vis-à-vis de Wagram, on voyait au village d'Aderklaa, Bernadotte avec les Saxons chargé de tenir tête à la double réserve des grenadiers et des cuirassiers, enfin tout à fait à gauche, de Süssenbrunn à Kagran, les quatre divisions de Masséna destinées à contenir les corps de Kollowrath, de Klenau et de Reuss. Au centre, en arrière de l'armée d'Italie et des Saxons, Napoléon avait gardé en réserve le corps de Marmont, la garde impériale, les Bavarois et les cuirassiers. Ainsi sur cette vaste ligne de bataille, droite, comme nous venons de le dire, de Neusiedel à Wagram, courbe de Wagram à Stamersdorf, les Autrichiens avaient leur plus grande force sur leurs ailes, et leur moindre au centre, puisque la réserve de grenadiers et de cuirassiers formait seule la liaison des deux masses principales. Nous possédions au contraire une force suffisante à notre aile droite de Glinzendorf à Grosshofen, où étaient Davout et Oudinot, une très-modique à notre aile gauche de Süssenbrunn à Kagran, où était Masséna seul, mais une considérable au centre entre Grosshofen et Aderklaa, puisqu'en cet endroit, outre l'armée d'Italie et les Saxons, il y avait l'armée de Dalmatie, la garde impériale, les Bavarois, toute la grosse cavalerie. Cette disposition était assurément la meilleure, celle qui permettait de pourvoir le plus vite aux chances diverses de la bataille, en se jetant rapidement ou à droite ou à gauche suivant le besoin, celle aussi qui permettait de frapper l'armée autrichienne à son endroit faible, c'est-à-dire au milieu de la ligne. En effet, ici comme à Essling, l'archiduc Charles voulant envelopper l'armée française pour l'empêcher de déboucher, s'était affaibli au centre, et donnait prise sur ce point à la puissante épée de son adversaire.

Dans l'espérance d'en finir le soir même du 5, Napoléon ordonne sur le centre des Autrichiens une attaque qui ne réussit pas. Cet état de choses, qui ne pouvait échapper à un œil aussi exercé que celui de Napoléon, lui inspira la tentation d'en finir le soir même par un acte décisif, qui l'aurait dispensé de verser le lendemain des torrents de sang. Tous les rapports indiquaient que l'ennemi ne tenait nulle part, et se retirait avec une étrange facilité. L'archiduc Charles en effet, surpris par la soudaine apparition de l'armée française, n'avait pas fait de dispositions d'attaque, et remettant la bataille au lendemain, n'avait donné à ses avant-gardes que l'instruction de se replier. Napoléon espéra donc, sur le rapport trop légèrement accueilli de quelques officiers, qu'en exécutant à la chute du jour une attaque brusque sur le plateau de Wagram, on enlèverait le centre de l'ennemi avant qu'il eût suffisamment pourvu à sa défense, et que l'armée autrichienne, coupée en deux, se retirerait d'elle-même, ce qui réduirait la fin de la campagne à la poursuite active et destructive des deux fractions de cette armée. Ici se faisait sentir l'inconvénient d'agir avec des masses d'hommes énormes, et sur des espaces immenses. Le général en chef ne pouvant plus ni tout voir, ni tout diriger en personne, était réduit à s'en fier à des lieutenants qui observaient médiocrement, et qui souvent même, comme on va en juger, agissaient sans ensemble.

Napoléon ordonna donc, avec une imprudence qui ne répondait pas à l'admirable prévoyance déployée dans ces journées, d'enlever le plateau de Wagram, contre lequel pouvaient agir Oudinot en attaquant Baumersdorf, l'armée d'Italie en passant le Russbach entre Baumersdorf et Wagram, Bernadotte en se jetant par Aderklaa sur Wagram même. En effet, d'après l'ordre qu'ils en reçurent, Bernadotte avec les Saxons et la division Dupas, Macdonald et Grenier avec deux divisions de l'armée d'Italie, Oudinot avec son corps tout entier, s'avancèrent à la nuit tombante sur la position des Autrichiens. (Voir les cartes nos 48 et 49.) Oudinot marcha sur Baumersdorf, le canonna, y mit le feu avec des obus, et s'efforça de l'enlever aux avant-gardes de Hohenzollern, qui avaient dans le Russbach un puissant moyen de résistance. Au côté opposé, Bernadotte avec les Saxons se précipita sur Wagram, que défendait un détachement de Bellegarde, en devint presque le maître, mais pas assez complétement pour se porter au delà. Pendant qu'Oudinot et Bernadotte luttaient ainsi aux deux extrémités de cette attaque pour s'emparer des deux points d'appui de l'ennemi, au milieu Dupas et Macdonald avaient abordé le Russbach pour le franchir. Ce ruisseau peu large, mais profond, offrait un assez grand obstacle à vaincre. Dupas avec le 5e léger et le 19e de ligne, s'y jeta au cri de: Vive l'Empereur! Dans leur empressement quelques soldats, qui avaient rencontré la partie de l'eau la plus profonde, se noyèrent. Les autres triomphèrent de l'obstacle, se rallièrent après l'avoir surmonté, et gravirent les pentes du plateau sous les balles et la mitraille. Les corps autrichiens à cette brusque attaque s'étaient formés en arrière des baraques du camp, et en carré. Des tirailleurs blottis derrière cet abri s'en servaient pour faire un feu très-vif. Les deux braves régiments français de Dupas débusquèrent les tirailleurs ennemis, dont ils prirent environ trois cents, dépassèrent la ligne des baraques, et se précipitèrent sur les carrés. Le 5e léger, qui était en tête, enfonça l'un de ces carrés, lui prit son drapeau, et le fit prisonnier. Le 19e appuya cette action vigoureuse. Deux bataillons saxons attachés à Dupas, les grenadiers de Rudlof et de Melsch la secondèrent également. Surprise qui amène une déroute parmi les corps chargés d'attaquer Wagram. Déjà la ligne autrichienne était près d'être coupée, quand on reçut par derrière un feu qui causa une extrême surprise, et beaucoup d'inquiétude. Les deux colonnes de l'armée d'Italie, l'une commandée par Macdonald, l'autre par Grenier, après s'être élancées dans le Russbach et l'avoir franchi, montaient sur le plateau l'arme au bras, et allaient joindre Dupas, lorsque apercevant les Saxons de celui-ci, et les prenant pour ennemis, elles firent feu sur eux. Cette attaque inattendue sur leurs derrières ébranla les Saxons. Ils se replièrent en tirant sur les troupes de Macdonald et de Grenier. Celles-ci se croyant chargées de front, et essuyant en même temps du côté de Baumersdorf, que le corps de Hohenzollern n'avait pas quitté, une attaque de flanc, éprouvèrent un trouble, que la nuit convertit bientôt en panique. Elles se précipitèrent vers le bas du plateau, suivies par les Saxons épouvantés, et se mirent à fuir dans un incroyable désordre. Dupas resté seul en pointe avec ses deux régiments français, assailli de tous côtés par le corps de Bellegarde que l'archiduc Charles avait rallié lui-même, fut obligé de céder le terrain, et d'évacuer le plateau sous des charges réitérées d'infanterie et de cavalerie. Oudinot interrompit l'attaque de Baumersdorf; Bernadotte abandonna Wagram, qu'il avait presque conquis, pour se rapprocher d'Aderklaa.