Napoléon entré dans Witebsk pour juger par ses propres yeux de l'importance de cette ville, et de l'étendue des ressources qu'elle pourrait lui offrir, y passa quelques instants, prit possession du palais du gouverneur, palais peu somptueux mais suffisant pour sa simplicité toujours grande à la guerre, et puis, après avoir donné les ordres les plus indispensables, partit pour regagner à toute bride la tête de ses colonnes. La chaleur du jour était suffocante, et, quand on la comparait au froid glacial qu'on serait exposé à éprouver plus tard, semblait une dérision de la nature. Les chevaux et les hommes tombaient sur la route, par le double effet de la mauvaise nourriture et de la chaleur, et ceux de nos soldats qui à la suite de Napoléon avaient déjà vu tant de pays divers, ne se rappelaient pas avoir respiré en Égypte un air plus brûlant, chargé d'un sable plus fin et plus étouffant. Chose étrange, tandis que nous laissions sur les chemins quantité de traînards, nous ne rencontrions pas un seul Russe en arrière, quoiqu'ils fussent bien moins alertes que les Français. Mais ayant toujours marché au milieu de leurs magasins, ils n'avaient eu à supporter aucune privation, et de plus ils avaient pour les retenir dans les rangs le stimulant de la crainte, car, tandis que nos soldats en s'attardant étaient assurés d'être recueillis par leurs camarades, eux n'avaient que la chance d'être pris ou sabrés par notre cavalerie acharnée à les poursuivre.
Après avoir en vain poursuivi les Russes pendant toute une journée, Napoléon prend le parti de s'arrêter. On chemina ainsi pendant plusieurs lieues sur les traces de l'armée russe, sans trouver un seul homme de qui on pût savoir la vérité. On finit pourtant vers la chute du jour par en ramasser quelques-uns, qui n'avaient pu soutenir la rapidité de cette marche, et soit à la direction lointaine des colonnes qu'on apercevait de temps en temps des points culminants du terrain, soit aux réponses des hommes recueillis sur la route, on crut découvrir que l'ennemi se retirait, partie sur Smolensk, partie entre Smolensk et Sourage, dans l'intention évidente de se réunir au prince Bagration. Napoléon avait été jour par jour informé des opérations du maréchal Davout, du combat de Mohilew, des conséquences de ce combat, du détour auquel le prince Bagration était condamné, détour qui retardait, mais qui n'empêchait pas sa réunion avec Barclay de Tolly; il avait donc tous les éléments nécessaires pour bien juger des projets de l'ennemi. Après avoir suivi les Russes jusqu'à la fin du jour, il s'arrêta de sa personne en un petit endroit appelé Haponowtschina. Là il conféra quelques instants avec Murat et Eugène, reconnut avec eux l'inutilité et le danger d'une poursuite prolongée, car le projet de déborder Barclay de Tolly devenait impraticable, celui-ci étant aussi bien sur ses gardes, et ayant sur nous autant d'avance. Ne pouvant pas le déborder, on ne pouvait pas davantage empêcher sa réunion avec Bagration, qui était en marche au delà du Dniéper pour le rejoindre derrière la Dwina. Tout ce qu'il y avait de possible, en s'obstinant dans cette poursuite, c'était d'obliger les deux généraux russes à opérer leur jonction dix ou quinze lieues plus loin, et cet avantage de peu d'importance ne valait pas l'inconvénient d'épuiser les forces de l'armée. La cavalerie était dans un état pitoyable; l'artillerie avait la plus grande peine à suivre. Résolution de séjourner quelques jours à Witebsk. Napoléon promit donc à Eugène et à Murat de s'arrêter de nouveau afin de procurer quelques jours de repos aux troupes, de rallier les hommes en arrière, et de refaire des magasins avec les ressources du pays que les Russes n'avaient pas eu le temps de détruire.
Cette résolution adoptée, Napoléon se sépara d'Eugène et de Murat, qu'il laissa avec leurs troupes, et rentra dans Witebsk le soir même.
Ainsi ses combinaisons de l'ouverture de la campagne, qui étaient au nombre des plus belles qu'il eût jamais conçues, avaient échoué, quoiqu'il eût battu l'ennemi dans toutes les rencontres, quoiqu'il lui eût déjà fait perdre environ 15 mille hommes en morts, blessés ou prisonniers, et lui eût arraché plusieurs de ses meilleures provinces, telles que la Lithuanie et la Courlande. Par quelles causes avaient échoué toutes les combinaisons de la campagne. Quelques fautes d'exécution avaient sans doute contribué à cet insuccès, comme celle de s'être trop hâté de franchir le Niémen, et de n'avoir pas, avant tout éveil donné à l'ennemi, passé à Kowno le temps qu'il fallut passer à Wilna pour rallier l'armée et ses bagages; comme celles d'avoir trop compté sur la jonction du roi Jérôme avec le maréchal Davout, de n'avoir pas mis celui-ci en mesure à lui seul de poursuivre et d'envelopper le prince Bagration; d'avoir, en traitant trop mal son jeune frère, amené une fâcheuse interruption de commandement, d'avoir enfin en toutes choses trop peu compté avec les hommes et les éléments. Mais indépendamment de ces fautes, l'insuccès provenait, comme ces fautes elles-mêmes, de l'imprudence de cette guerre, consistant à tenter avec des soldats violemment arrachés à tous les pays, et précipitamment enrégimentés, des marches sans fin, dans des contrées immenses, trop peu fertiles et trop peu habitées pour suppléer à tout ce qu'il est impossible de porter avec soi; d'avoir, non pas manqué de penser aux difficultés d'une telle entreprise, ou négligé les moyens de les vaincre, mais d'avoir trop facilement cru à l'efficacité des moyens employés; d'avoir agi, en un mot, avec tout l'enivrement d'un pouvoir abusé par la continuité des succès, et par la soumission générale des peuples. Remarquons cependant que la folie de cette guerre étant commencée, si Napoléon eût été plus fou encore, s'il eût marché droit devant lui, sans s'arrêter dix-huit jours à Wilna pour y rallier ses troupes et ses convois, il aurait sans doute laissé beaucoup plus de monde en arrière, mais il eût peut-être aussi accablé Barclay de Tolly d'un côté, Bagration de l'autre, et frappé des coups terribles, qui auraient pu amener la paix, qui auraient suffi dans tous les cas à remplir grandement cette première campagne, et l'auraient dispensé d'aller chercher au fond de la Russie les résultats éclatants dont il avait besoin pour conserver son prestige, pour imposer à l'Europe, pour tenir ses troupes en haleine. Plus tard il eût recueilli une partie des hommes laissés en chemin, les plus solides au moins, et du reste il n'en eût jamais perdu autant qu'il en perdit bientôt, pour courir après un triomphe qui le fuyait sans cesse. Napoléon n'avait peut-être pas exécuté assez témérairement des combinaisons trop témérairement conçues. On voit déjà ici, comme on le verra dans la suite, cette fatale guerre marquée au coin d'un double caractère, celui d'une conception téméraire, et d'une exécution incertaine, du génie, en un mot, qui commence les fautes, s'en repent aussitôt après les avoir commencées, et échoue par l'hésitation même que ce repentir produit dans son action. Oserons-nous le dire? Plus aveuglé, Napoléon eût peut-être mieux réussi! Il faut ajouter que, quoique sa santé ne fût pas atteinte, son activité semblait moindre, qu'il allait plus souvent en voiture, moins souvent à cheval, soit que la chaleur, un embonpoint croissant, eussent quelque peu appesanti non pas son esprit mais son corps, soit que l'énormité de ce qu'il avait entrepris effrayât, énervât sa volonté jadis si forte et si ardente, soit, dirions-nous enfin si nous partagions davantage les superstitions humaines, que la fortune inconstante ou fatiguée cessât de seconder ses desseins!
Certes, il restait encore à Napoléon bien des combinaisons à imaginer, et son inépuisable génie n'était pas à bout de ressources. Barclay de Tolly, dont on n'avait pu empêcher la jonction avec le prince Bagration, et qui de 90 mille hommes allait se trouver porté à 140 mille par la réunion des deux armées de la Dwina et du Dniéper, n'en devenait pas invincible pour les 250 mille hommes que Napoléon était en mesure de lui opposer après avoir rallié le maréchal Davout; Barclay de Tolly, qu'on n'avait pu jusqu'alors ni surprendre ni envelopper, n'était pas tout à coup devenu tellement clairvoyant qu'il fût impossible d'endormir sa vigilance, et de faire tomber sur sa tête l'un de ces coups imprévus sous lesquels avaient succombé depuis quinze ans les plus vaillantes armées de l'Europe. Nécessité du parti pris par Napoléon de se reposer quinze jours à Witebsk. Les résultats merveilleux qui signalaient chez Napoléon tous ses débuts de campagne n'étaient donc qu'ajournés, et en attendant on avait des résultats solides, la Lithuanie, la Courlande conquises, et, de plus, l'ascendant des troupes françaises sur les troupes ennemies maintenu dans tout son éclat. On pouvait donc se reposer à Witebsk sans de trop sombres pensées; et si le repos qu'on avait pris à Wilna prêtait à la critique, celui qu'on allait prendre à Witebsk était à l'abri de tout reproche; car à Wilna, au prix de trente ou quarante mille traînards de plus, il eût été possible d'arriver à temps sur les derrières de Bagration, sur le flanc de Barclay, mais à Witebsk on ne pouvait rien, qu'agrandir davantage en s'avançant le cercle que Barclay et Bagration allaient décrire pour se rejoindre, sans arriver à interrompre ce cercle nulle part, sans faire autre chose que sacrifier à un résultat insignifiant l'armée tout entière, en l'exposant à périr actuellement de chaleur, de peur que plus tard elle ne pérît de froid.
Distribution de la grande armée dans l'espace compris entre la Dwina et le Dniéper. Napoléon s'installa donc pour douze ou quinze jours dans le palais du gouverneur de Witebsk avec sa cour militaire. Il distribua ses corps d'armée autour de lui, de manière à se garder de toute surprise, à les nourrir le mieux possible, à leur préparer une réserve de vivres pour les prochains mouvements, et à pouvoir se concentrer à propos sur les points où il faudrait agir. Il établit à Witebsk même la garde impériale; en avant de lui à Sourage, petite ville située au-dessus de Witebsk sur la Dwina, le prince Eugène; un peu à droite, vers Roudnia, au milieu de l'espace compris entre la Dwina et le Dniéper, et derrière le rideau de bois qui longeait les bords de la Kasplia, le maréchal Ney, et en avant de celui-ci, à tous les débouchés par où l'ennemi pouvait se présenter, la masse entière de la cavalerie. (Voir la carte no 55.) Il fit camper derrière Ney, entre Witebsk et Babinowiczi, les trois divisions du 1er corps, qui attendaient avec impatience le moment de se réunir au chef sévère mais paternel sous lequel elles avaient l'habitude de vivre et de combattre.
Réunion du maréchal Davout à la grande armée, et distribution des troupes de ce maréchal. Le maréchal Davout, en effet, avait remonté le Dniéper, après le combat de Mohilew. Il s'était établi à Orscha, où il gardait le Dniéper, comme à Witebsk Napoléon gardait la Dwina. Il avait étendu la cavalerie de Grouchy sur sa gauche, pour se lier vers Babinowiczi avec la grande armée, et avait jeté sur sa droite la cavalerie légère de Pajol et Bordessoulle, pour suivre et observer au delà du Dniéper le prince Bagration, qui faisait un grand détour par Micislaw afin de rejoindre Barclay de Tolly vers Smolensk. Le maréchal Davout avait enfin rallié les Westphaliens et les Polonais, exténués les uns et les autres par une marche de plus de cent cinquante lieues, exécutée du 30 juin au 28 juillet, dans un pays difficile et la plupart du temps sans vivres. Les Polonais étaient à Mohilew, les Westphaliens entre Mohilew et Orscha. Le général Latour-Maubourg, avec sa cavalerie fatiguée, se retirait lentement de Bobruisk sur Mohilew, observant les troupes détachées de Tormazoff. Reynier, à la tête des Saxons destinés à garder le grand-duché, se croisait avec les Autrichiens, qui étaient en marche vers la grande armée.
Napoléon rend à chaque commandant en chef les troupes momentanément détachées de son corps. Napoléon établi ainsi sur la haute Dwina avec la garde et le prince Eugène, ayant entre la Dwina et le Dniéper, Murat, Ney, les trois premières divisions du maréchal Davout, et sur le Dniéper même le reste des troupes de ce maréchal, plus les Westphaliens et les Polonais, était dans une position inattaquable, et en mesure de préparer de nouvelles opérations. Son intention était, en s'occupant des besoins de ses soldats, de recomposer chaque corps suivant sa formation primitive, de rendre au prince Eugène la cavalerie de Grouchy, et même les Bavarois, de rendre au général Montbrun les cuirassiers de Valence un moment prêtés au maréchal Davout, de rendre à celui-ci ses trois premières divisions d'infanterie, de lui confier outre le 1er corps, les Westphaliens, les Polonais, et la cavalerie de réserve du général Latour-Maubourg.
Soins pour les vivres, les hôpitaux, les magasins. Suivant sa coutume, Napoléon ordonna qu'on employât sur-le-champ les ressources qu'offrait le pays, pour procurer aux troupes la subsistance qui leur avait manqué pendant la marche, et leur ménager une réserve de huit à dix jours de vivres. À Witebsk, il y avait quelques provisions, notamment en vin, sucre, café, et on en disposa pour les hôpitaux. Les bords de la Dwina étaient assez bien cultivés, et le pays au delà, en entrant en Russie Blanche, de Witebsk à Newel et Wielij, présentait çà et là du grain et du bétail. Les magasins des Russes avaient été généralement détruits, mais on en avait conservé quelques portions qu'on transportait en ce moment sur les voitures du pays à la suite de Barclay de Tolly. Notre cavalerie profita de l'occasion, et fit des prises assez importantes en avant des cantonnements du prince Eugène. À Liosna, Roudnia, Babinowiczi, c'est-à-dire entre la Dwina et le Dniéper, les Russes n'ayant fait que passer, et nos traînards n'ayant pu se répandre encore, il restait des moyens de subsistance. À Orscha, sur le Dniéper, le maréchal Davout avait trouvé de quoi préparer l'approvisionnement de ses troupes. Au delà du Dniéper, d'Orscha à Micislaw, s'étendait une contrée fertile, et où il y avait beaucoup de moulins. Malheureusement ils avaient été la plupart mis hors de service. Napoléon ordonna de les rétablir, de construire des fours, de former des magasins, particulièrement à Witebsk et à Orscha, où il prétendait placer ses deux principaux points d'appui sur la Dwina et sur le Dniéper. On manquait d'hôpitaux, surtout à Witebsk, où l'on avait à soigner, outre les 1800 blessés français restés des trois combats d'Ostrowno, 5 à 600 blessés russes, sans compter un nombre considérable de malades. Le bon et habile chirurgien Larrey, véritable héros d'humanité, soignant les blessés de l'ennemi afin que l'ennemi soignât les nôtres, se donnait à Witebsk des peines infinies pour suppléer aux effets d'ambulance qui n'étaient pas encore arrivés. Napoléon lui fit livrer tout ce qu'on trouva de meilleur dans les couvents. Il profita en outre de la présence du maréchal Davout à Orscha pour faire préparer à Orscha même, ainsi qu'à Borisow et à Minsk, des hôpitaux capables de recevoir douze mille malades.
Effrayante diminution d'effectif dans les corps, et appels faits pour la constater. Si quelque chose peut donner une idée de la difficulté des opérations militaires à de si grandes distances, et avec de si grandes masses d'hommes, c'est l'étendue et la multiplicité des souffrances de nos soldats, malgré tous les efforts de génie faits pour les prévenir. Les combats livrés par la cavalerie de Poniatowski à Mir, par le corps de Davout à Mohilew, par la grande armée à Ostrowno, par Oudinot à Deweltowo, et par divers corps en plusieurs autres lieux, nous avaient tout au plus coûté 6 à 7 mille hommes en morts ou blessés, et cependant 150 mille hommes environ avaient déjà disparu des rangs dans les marches du Niémen au Dniéper et à la Dwina. Les chefs de corps en parlaient avec tant d'insistance à Napoléon, qu'après s'être décidé, par ce motif, à faire une nouvelle halte à Witebsk, il ordonna pour connaître l'étendue du mal des appels dans tous les régiments[4]. En commençant cette revue détaillée des corps de l'extrême gauche à l'extrême droite, du maréchal Macdonald vers Riga, jusqu'au général Reynier vers Brezesc, sur une ligne de plus de deux cents lieues, on trouvait les tristes résultats suivants. Pertes dans les corps des maréchaux Macdonald, Oudinot et Ney. Le maréchal Macdonald, qui avait sous ses ordres des Prussiens et des Polonais organisés de longue main, qui avait eu cinquante lieues tout au plus à parcourir, et très-peu de privations à endurer, n'avait subi qu'une perte de 6 mille hommes. De 30 mille combattants, il était réduit à 24 mille. Le maréchal Oudinot, qui avec la division des cuirassiers Doumerc, détachée du corps de cavalerie de Grouchy, comptait environ 38 mille combattants au passage du Niémen, n'en conservait pas plus de 22 à 23 mille à Polotsk. Il attribuait cette désolante diminution à la désertion qui s'était produite parmi les troupes étrangères, telles que les Croates, les Suisses, les Portugais. Parmi les Français, la désertion ne s'était manifestée que chez les jeunes gens. Le maréchal Ney, qui avait possédé 36 mille hommes au début des opérations, affirmait à Witebsk n'en pouvoir pas mettre en ligne plus de 22 mille. Les étrangers, c'est-à-dire les Illyriens et les Wurtembergeois, étaient dans ce corps comme dans les autres la cause principale de la diminution d'effectif. Pertes de la cavalerie. Murat, avec la cavalerie de réserve des généraux Nansouty et Montbrun, était réduit de 22 mille cavaliers à 13 ou 14 mille. Il faut ajouter que la cavalerie légère attachée à chaque corps d'armée avait diminué dans une proportion beaucoup plus forte encore, par suite du service fatigant des avant-gardes, et de la protection dont il fallait sans cesse entourer les troupes envoyées au fourrage. Elle ne présentait plus que la moitié de sa force primitive. Pertes de la garde impériale. La garde impériale elle-même ne comptait plus que 27 ou 28 mille hommes environ au lieu de 37 mille, ce qui était dû aux pertes de la jeune infanterie, à celles de la cavalerie légère constamment employée aux reconnaissances que l'Empereur ordonnait directement, et surtout à l'incroyable disparition des nouvelles recrues dans la division Claparède. Cette division était tombée de 7 mille fantassins à moins de 3 mille. Ne consistant plus à son retour d'Espagne que dans le cadre des régiments, on l'avait recrutée avec de jeunes Polonais, qui avaient tous succombé à la fatigue ou à la tentation de rentrer chez eux. C'est ainsi que la garde elle-même, quoique toujours bien pourvue, comptait déjà 10 mille hommes de moins. La vieille garde était la seule troupe qui n'eût rien perdu.