Notes
[1]: Cette célèbre entrevue est de toutes celles où Napoléon a figuré personnellement, la plus difficile à reproduire, faute de documents suffisants. Pour les autres entretiens de Napoléon rapportés précédemment dans cette histoire, il existait des documents nombreux, soit dans nos archives diplomatiques, soit dans les archives diplomatiques étrangères; pour celui dont il s'agit ici au contraire, Napoléon n'ayant rien adressé à ses agents extérieurs, on manque de l'un des moyens d'information les plus certains. Il se contenta d'en parler à M. de Bassano, qui plus tard fut l'auteur des diverses versions publiées par des écrivains avec lesquels il était lié. Cet entretien mémorable serait donc à peu près perdu, si M. de Metternich n'en avait écrit lui-même, avec le plus grand détail, et en temps utile, toutes les particularités. Ayant obtenu de son obligeance la communication de ce récit, qui m'a paru trop sévère pour Napoléon, mais généralement exact, j'ai conservé dans ce qu'on vient de lire tout ce qui m'a semblé incontestable, d'après la connaissance que j'avais des négociations du moment, et d'après les autres récits publiés par les écrivains auxquels M. de Bassano avait communiqué ses souvenirs. Je n'ai, comme dans toutes les occasions semblables, conservé que ce que j'ai considéré comme à l'abri de toute contestation. Ce qui est incontestable me paraissait d'ailleurs suffisant pour donner de cette scène historique une idée qui fût à la fois exacte et complète.
[2]: Nous nous permettons d'indiquer ces mesures comme celles qu'on aurait dû prendre, parce qu'on a généralement reproché depuis à Joseph et au maréchal Jourdan de ne les avoir pas prises, et que le simple bon sens suffit d'ailleurs pour en apprécier la convenance et la nécessité.
[3]: Dans les Mémoires du maréchal Jourdan, imprimés récemment avec ceux du roi Joseph, on trouve des chiffres un peu différents, mais le maréchal, quoique toujours extrêmement véridique, a trop réduit les forces des Français pour atténuer la défaite de la bataille de Vittoria. Après des calculs qu'il serait trop long de reproduire, nous sommes arrivé à croire plus exacts, du moins plus rapprochés de la vérité, les chiffres que nous présentons ici. Du reste la différence n'est que de 4 à 5 mille hommes. Nous devons ajouter que le maréchal Jourdan a tout à fait raison contre les chiffres allégués par le ministre de la guerre, lesquels sont entièrement faux.
[4]: Pour quiconque aurait de la peine à croire qu'on ait cherché à rendre aussi illusoires que nous le disons les négociations de Prague, nous donnerons l'extrait suivant d'une lettre de M. de Bassano à l'Empereur, datée de Dresde, 1er août 1813, à quatre heures du matin.
«Je transmets à Votre Majesté les dépêches de ses plénipotentiaires.
»J'ai cru devoir leur répondre sans attendre les ordres de Votre Majesté. Nous sommes au 1er août; ma lettre ne partira que ce matin, les plénipotentiaires ne la recevront que demain, et il se sera écoulé assez de temps pour que, conformément aux instructions que Votre Majesté m'a laissées, on arrive au 10 août sans s'être trop engagé. Il m'a d'autant moins paru dans l'intention de Votre Majesté de porter trop loin les discussions de forme qui mettraient à découvert le projet de gagner du temps, que nous parviendrons tout naturellement au moment du retour de Votre Majesté à Dresde sans que la négociation ait fait des progrès réels, et qu'aucune question ait été compromise. À peine celle de l'approvisionnement des places aura-t-elle été entamée.
»Des trois difficultés qui se sont élevées, celles relatives à l'échange des pouvoirs et au lieu des conférences se résoudront d'elles-mêmes.
»Quant au mode à adopter (à partir de ce mot la minute est écrite de la main du duc de Bassano) pour négocier, j'ai cru que nous ne pouvions différer pendant plusieurs jours de répondre, sans prendre sur nous ces retards, tandis que de fait, et si M. de Metternich insiste sur une proposition qui attente à tous les droits et à tous les usages, les entraves apportées à la négociation ne pourront être imputées qu'à lui.
»Quoique les déclarations qu'il a faites à MM. de Vicence et de Narbonne et à M. d'André n'aient peut-être pour objet que de rendre plus imposante son attitude de médiateur, il pourrait entrer dans les vues de Votre Majesté de donner dès le moment de son arrivée ici une tournure assez grave aux négociations pour qu'on n'osât pas les rompre. Dans cette supposition, j'ai pensé qu'il conviendrait à Votre Majesté de trouver les discussions préliminaires à peu près terminées.»