»C'est à regret que je demande à ce peuple généreux de nouveaux sacrifices; mais ils sont commandés par ses plus nobles et ses plus chers intérêts. J'ai dû renforcer mes armées par de nombreuses levées: les nations ne traitent avec sécurité qu'en déployant toutes leurs forces. Un accroissement dans les recettes devient indispensable. Ce que mon ministre des finances vous proposera est conforme au système de finances que j'ai établi. Nous ferons face à tout sans l'emprunt qui consomme l'avenir, et sans le papier-monnaie qui est le plus grand ennemi de l'ordre social.
»Je suis satisfait des sentiments que m'ont montrés dans cette circonstance mes peuples d'Italie.
»Le Danemark et Naples sont seuls restés fidèles à mon alliance.
»La république des États-Unis d'Amérique continue avec succès sa guerre contre l'Angleterre.
»J'ai reconnu la neutralité des dix-neuf cantons suisses.
»Sénateurs,
»Conseillers d'État,
»Députés des départements au Corps législatif,
»Vous êtes les organes naturels de ce trône: c'est à vous de donner l'exemple d'une énergie qui recommande notre génération aux générations futures. Qu'elles ne disent pas de nous: Ils ont sacrifié les premiers intérêts du pays! ils ont reconnu les lois que l'Angleterre a cherché en vain pendant quatre siècles à imposer à la France.
»Mes peuples ne peuvent pas craindre que la politique de leur empereur trahisse jamais la gloire nationale. De mon côté j'ai la confiance que les Français seront constamment dignes d'eux et de moi!»