Quand ils furent proches, ils tendirent leur récolte. Comme Naoh la tendait en même temps qu'eux, le mammouth vint la dévorer.

Ainsi se noua l'alliance des Oulhamr avec le mammouth.


La lune nouvelle avait grandi; elle approchait de la nuit où elle se lèverait aussi vaste que le soleil. Or, un soir des temps, les Kzamms et les Oulhamr campaient à vingt mille coudées les uns des autres. C'était encore le long du fleuve. Les Kzamms occupaient une bande sèche du territoire; ils se chauffaient devant le Feu rugissant et mangeaient de lourds quartiers de viande, car la chasse avait été abondante, tandis que les Oulhamr se partageaient en silence, dans l'ombre humide et froide, quelques racines et la chair d'un ramier.

A dix mille coudées de la rive, les mammouths dormaient parmi les sycomores. Ils supportaient, pendant le jour, la présence des nomades; la nuit, ils montraient une humeur plus ombrageuse, soit qu'ils connussent ses embûches, soit qu'ils fussent gênés dans leur repos par une autre présence que celle de leur race. Chaque soir les Oulhamr s'éloignaient donc, au-delà du terme où leur émanation pouvait être importune.

Or, cette fois, Naoh demanda à ses compagnons:

—Nam et Gaw sont-ils prêts à la fatigue? Leurs membres sont-ils souples et leur poitrine pleine de souffle?

Le fils du Peuplier répondit:

—Nam a dormi une partie du jour. Pourquoi ne serait-il pas prêt au combat?

Et Gaw dit à son tour: