Il montrait les silhouettes furtives qui se multipliaient avec la chute des ténèbres. Les hurlements se faisaient plus longs et plus menaçants; la nuit versait continuellement ses bêtes faméliques. Seules les dernières lueurs crépusculaires les tenaient encore éloignées. Les veilleurs, inquiets, marchaient dans l'air dur, sous les étoiles froides…

Brusquement, l'un d'eux s'arrêta et tendit la tête. Deux autres l'imitèrent.

Puis le premier déclara:

—Il y a des hommes dans la plaine!

Un tremblement passa sur la Horde. Il y en avait chez qui dominait la crainte; l'espérance enflait la poitrine des autres. Faouhm, se souvenant qu'il était encore chef, se leva de la fissure où il reposait.

—Que tous les guerriers apprêtent leurs armes! commanda-t-il.

Dans cette heure équivoque, les Oulhamr obéirent en silence. Le chef ajouta:

—Que Hoûm prenne trois jeunes hommes et qu'il aille épier ceux qui viennent.

Hoûm hésita, mécontent de recevoir les ordres d'un homme qui avait perdu la force de son bras. Mais le vieux Goûn intervint:

—Hoûm a les yeux du léopard, l'oreille du loup et le flair du chien. Il saura si ceux qui approchent sont des ennemis ou des Oulhamr.