Bamar, s’assurant que le Planétaire était bien orienté, envoya à son tour quelques ondes. Devant le silence du récepteur, son visage s’assombrit encore.

—Jusqu’à présent, la Dévastation est sauve! murmura Omal..., et les sismographes n’annoncent aucune secousse dans les autres zones humaines.

Soudain, un bruissement d’appel strida et, tandis que la multitude se dressait, hypnotique, on entendit gronder le Grand Planétaire:

«Du premier relais des Terres-Rouges. Deux secousses puissantes ont soulevé l’oasis. Le nombre des morts et des blessés est considérable; les récoltes sont anéanties; les eaux semblent menacées. Des planeurs partent pour les Hautes-Sources...»

Ce fut une ruée. Les hommes, les planeurs et les motrices surgissaient par torrents. Une excitation inconnue depuis des siècles soulevait les âmes résignées: la pitié, la crainte et l’inquiétude rajeunissaient cette multitude du Dernier-Age.

Le Conseil des Quinze délibérait, tandis que Targ, tout tremblant, répondait au message des Terres-Rouges et annonçait le départ prochain d’une délégation.

Aux heures tragiques, les trois oasis sœurs—Terres-Rouges, Hautes-Sources, la Dévastation—se devaient des secours. Omal, qui avait une connaissance parfaite de la tradition, déclara:

—Nous avons des provisions pour cinq ans. Le quart peut être réclamé par les Terres-Rouges... Nous sommes aussi tenus de recueillir deux mille réfugiés, si c’est inévitable. Mais ils n’auront que des rations réduites et il leur sera interdit de s’accroître. Nous-mêmes devrons limiter nos familles, car il faut, avant quinze ans, ramener la population au chiffre traditionnel...

Le Conseil approuva ce rappel aux lois, puis Bamar cria vers la foule:

—Le Conseil va nommer ceux qui partiront pour les Terres-Rouges. Il n’y en aura pas plus de neuf. D’autres seront envoyés lorsque nous connaîtrons les besoins de nos frères.