—De cela. Et peut-être aussi d'une faute à réparer. Les deux en même temps…
Suivit un moment de silence pendant lequel je décidai de commencer à parler et préparai mes mots.
—Il n'y a qu'une explication à laquelle je croie, dit-il encore. Certes, j'aurais voulu revoir une fois Mlle de Galais, seulement la revoir… Mais, j'en suis persuadé maintenant, lorsque j'avais découvert le Domaine sans nom, j'étais à une hauteur, à un degré de perfection et de pureté que je n'atteindrai jamais plus. Dans la mort seulement, comme je te l'écrivais un jour, je retrouverai peut-être la beauté de ce temps-là…
Il changea de ton pour reprendre avec une animation étrange, en se rapprochant de moi:
—Mais, écoute, Seurel! Cette intrigue nouvelle et ce grand voyage, cette faute que j'ai commise et qu'il faut réparer, c'est, en un sens, mon ancienne aventure qui se poursuit…
Un temps, pendant lequel péniblement il essaya de ressaisir ses souvenirs. J'avais manqué l'occasion précédente. Je ne voulais pour rien au monde laisser passer celle-ci; et, cette fois, je parlai—trop vite, car je regrettai amèrement plus tard, de n'avoir pas attendu ses aveux.
Je prononçai donc ma phrase, qui était préparée pour l'instant d'avant, mais qu'il n'allait plus maintenant. Je dis, sans un geste, à peine en soulevant un peu la tête:
—Et si je venais t'annoncer que tout espoir n'est pas perdu?…
Il me regarda, puis, détournant brusquement les yeux, rougit comme je n'ai jamais vu quelqu'un rougir: une montée de sang qui devait lui cogner à grands coups dans les tempes…
—Que veux-tu dire? demanda-t-il enfin, à peine distinctement.