CHAPITRE XII
LA CHAMBRE DE WELLINGTON

Il faisait nuit, lorsqu'il s'éveilla. Transi de froid, il se tourna et retourna sur sa couche, fripant et roulant sous lui sa blouse noire. Une faible clarté glauque baignait les rideaux de l'alcôve.

S'asseyant sur le lit, il glissa sa tête entre les rideaux. Quelqu'un avait ouvert la fenêtre et l'on avait attaché dans l'embrasure deux lanternes vénitiennes vertes.

Mais à peine Meaulnes avait-il pu jeter un coup d'œil, qu'il entendit sur le palier un bruit de pas étouffé et de conversation à voix basse. Il se rejeta dans l'alcôve et ses souliers ferrés firent sonner un des objets de bronze qu'il avait repoussés contre le mur. Un instant, très inquiet, il retint son souffle. Les pas se rapprochèrent et deux ombres glissèrent dans la chambre.

—Ne fais pas de bruit, disait l'un.

—Ah! répondait l'autre, il est toujours bien temps qu'il s'éveille!

—As-tu garni sa chambre?

—Mais oui, comme celles des autres.

Le vent fit battre la fenêtre ouverte.

—Tiens, dit le premier, tu n'as pas même fermé la fenêtre. Le vent a déjà éteint une des lanternes. Il va falloir la rallumer.