XI.—Dans le port de New-York.
Cette lutte perpétuelle de son intelligence et de sa force physique contre la tempête constitue la vie du marin.
Ayant commencé ma vie avec tous les avantages de la fortune, j'aime maintenant cette existence simple du matelot, avec ses souffrances et ses angoisses.
Ceux qui crurent que ma tentative était un exploit sportif destiné à conquérir la célébrité se sont trompés:
Ils ne comprirent, rien à ce grand songe,
Qui charma la mer de son voyage,
Puisqu'il n'était pas le même mensonge
Qu'on enseignait dans leur village.
Au milieu de mes amis, joyeux de me revoir, je pourrais jouir en paix d'un succès que je n'ai pas cherché; mais je ne suis pas complètement heureux sur terre, je pense sans cesse à la forte odeur du goudron, à l'âpre brise marine, à mon Firecrest qui m'attend là-bas de l'autre côté de la mer océane.
Il y a trois ans, pour la première fois, à bord de mon navire, j'avais pris la mer; maintenant je sais qu'elle m'a pris pour toujours. Quoi qu'il advienne, je retournerai vers elle et je pense au jour heureux, maintenant très proche, où le Firecrest et moi nous repartirons ensemble vers le Pacifique et ses îles de beauté, et les vers du poète anglais hantent ma mémoire: