C'est un cutter anglais typique, étroit et profond si l'on considère sa longueur.
Il a onze mètres de long et neuf mètres à la flottaison. Son plus grand bau est deux mètres soixante. C'est probablement le bateau le plus étroit qui ait franchi l'Océan. Un mètre quatre-vingts de tirant d'eau est une profondeur exceptionnelle pour sa taille. Son tirant d'eau et les trois tonnes et demie de plomb qu'il porte dans sa quille ajoutées aux trois tonnes de lest intérieur, font qu'il lui est impossible de chavirer. Le pont n'a que deux claires-voies et deux panneaux et peut supporter la pression des vagues qui déferlent à bord.
Il est gréé en cotre, c'est-à-dire qu'il n'a qu'un mât. Et j'entends la grande armée des yachtmen théoriques s'exclamer: «Un cotre est trop difficile à manier seul. Pourquoi pas un yawl ou un ketch!» C'est affaire de goût. Personnellement j'aime mieux prendre des ris que changer mes voiles. J'estime que le cotre est le meilleur gréement, parce qu'avec une surface de voiles réduite au minimum il donne un maximum de vitesse.
Le plan de voilure du Firecrest (dessiné par Alain Gerbault).
- 1, Ecoute.
- 2, Etai de flèche.
- 3, Bras d'étai.
- 4, Point d'amure.
Il n'y a pas assez de place sur le pont pour un vrai bateau de sauvetage. D'ailleurs, j'aime tellement mon bateau, que je crois que je ne me soucierais guère d'être sauvé s'il devait couler. Mais pour me conformer aux conventions et me permettre d'aller à terre quand je suis à l'ancre dans un port, je transporte le plus petit canot possible. Il a 1m,80 de long, c'est un Berthon analogue à ceux que l'on emploie sur les sous-marins, une fois plié il ne tient aucune place le long des claires-voies.
II.—Plan du Firecrest.
COUPE VERTICALE