—Va faire tes adieux à cette dame, dit-il à Remi; j'attends ici. Nous partons dans dix minutes.
En entrant dans l'appartement, Remi trouva Arthur en larmes et sa mère penchée sur lui pour le consoler.
—Vous n'allez pas partir, Remi? cria Arthur.
Madame Milligan répondit pour Remi. Elle expliqua que Remi était obligé d'obéir.
—J'ai demandé à votre maître de vous garder près de nous, dit-elle, mais il ne veut pas consentir à vous laisser ici.
—C'est un méchant homme, dit Arthur.
—Non, ce n'est pas un méchant homme, dit madame Milligan. Remi lui est utile. Ses paroles sont les paroles d'un honnête homme. Il m'a répondu pour expliquer son refus: "Madame, j'aime cet enfant; il m'aime. Le rude apprentissage de la vie auprès de moi lui sera plus utile que l'état de domesticité déguisée auprès de vous. Si je le laisse ici, vous lui donnerez de l'instruction, c'est vrai; vous formerez son esprit, c'est vrai, mais non son caractère. Je ne peux pas le laisser. Il ne peut pas être votre fils; il sera mon fils."
—Puisqu'il n'est pas le père de Remi! cria Arthur.