II. Pau et Toulouse

—Nous passerons l'hiver dans cette ville charmante, dit Vitalis. Il y a beaucoup d'enfants anglais; ils sont riches et généreux; nous jouerons dans les rues, sur les places publiques, dans les promenades, et nous aurons des recettes abondantes.

Ils travaillèrent à Pau pendant tout l'hiver. Ils avaient un public d'enfants, et tous les enfants aimaient Remi, Joli-Cœur et Capi.

Le printemps arrivé, Vitalis donna le signal du départ. Alors recommença la vie errante, à l'aventure, par les grands chemins. Pendant des jours et des semaines ils allèrent droit devant eux, suivant des vallées, escaladant des collines, laissant toujours à leur droite les cimes bleuâtres des Pyrénées.

Un soir, ils arrivèrent dans une grande ville, située au bord d'une rivière, au milieu d'une plaine fertile.

—C'est Toulouse, dit Vitalis; nous resterons ici longtemps.

Le lendemain de leur arrivée, ils cherchèrent des endroits propices à leurs représentations. Il y a à Toulouse beaucoup de boulevards qu'on appelle des Allées. C'est dans une de ces allées qu'ils installèrent leur théâtre. Un public nombreux et enthousiaste assista à la première représentation. Malheureusement, l'agent de police qui avait la garde de cette allée voulut leur faire abandonner cette place. Vitalis refusa d'obéir à l'agent, si l'agent ne lui montrait pas un règlement de police défendant à de pauvres comédiens d'exercer leur industrie sur la place publique.

Ce jour-là, l'agent de police tourna le dos sans insister davantage.

Le lendemain il arriva au milieu de la représentation et dit durement à Vitalis: