—Oui. Je les apprécie à mon point de vue d’homme, de mâle. Car, c’est surtout physiquement, notez-le bien, que le mâle aime sa femelle.
—Physiquement?
—Eh oui! Et voilà pourquoi les minauderies et agaceries de la femelle, la coquetterie féminine, ne me choque pas. C’est le rôle de la femme ...
—De feindre et de mentir? interrompit Katia. La coquetterie, elle m’est odieuse, à moi; elle m’horripile, m’écœure. Je l’exècre et l’abomine, comme j’abomine toute imposture et tout mensonge.
—Il y en a de permis, insinua Veyssières.
—Les femmes! On les dirait nées tout exprès et exclusivement pour mentir! Leurs cachotteries, leur hypocrisie, leurs faussetés continuelles, qui sont, comme leurs bracelets et leurs boucles d’oreille, des vestiges et indices de leur longue servitude, me répugnent et me révoltent. Ah! comme je me sens peu de leur sexe! Voyez-les toutes s’efforçant de dissimuler leur âge, mentant toujours et toujours sur ce chapitre; toutes, toutes, à tout prix, s’ingéniant à demeurer jeunes, à le paraître ...
—Preuve que la jeunesse et la beauté, c’est tout pour elles! Elles ne s’y trompent pas!
—Et leurs maquillages, poursuivit Katia, leurs fards, leurs cold-creams, leurs teintures, tous leurs onguents et engins? Toujours tromper! Toujours mentir!
—Baste! Ça ne fait de mal à personne.
—Qu’à elles-mêmes, à leur caractère, à leur dignité! Comment! Vous ne trouvez pas hideuses, abjectes, ces vieilles bringues toutes ridées, déplumées et décaties, bonnes à mettre en terre, qui s’acharnent à faire les jouvencelles, se barbouillent de rouge et de blanc, se peinturlurent, s’émaillent, se plâtrent, se truquent des pieds à la tête, osent se décolleter? Horreur! Horreur!