Il s’y dit de fort amusantes choses dans ce «Grand Congrès de l’Affranchissement», et l’on y entendit de bien drôlichonnes propositions.
L’une de ces dames, renouvelant une tentative faite peu auparavant à Berlin par la comtesse Bulow de Dennewitz, demanda qu’à l’avenir «l’union conjugale fût limitée à cinq ans et renouvelable pour une même période, de gré à gré».
Une autre émit le vœu que dorénavant les femmes eussent seules le droit de réclamer le divorce.
Une troisième, Mme Jeanne Oddo-Deflou, déclara qu’«imposer à la femme les soucis de la famille, du ménage et de la cuisine, c’était la détourner d’occupations plus élevées, c’était l’avilir, et qu’il fallait par conséquent supprimer le ménage et la cuisine», en attendant, sans doute, qu’on pût en faire autant de la famille. «Plus de salles à manger dans les appartements, plus de cuisines: débarrassons-nous de ces deux pièces inutiles et funestes, et, cette économie effectuée, allons tous vivre en commun au restaurant coopératif!»
«Horrible vision! répondit à cela le lendemain même l’homme de jugement et de bon sens, l’excellent journaliste qui signe Furetières. On se demande comment une femme peut froidement envisager un semblable avenir: la disparition du foyer, l’enfant élevé en dehors de la maison ... Heureusement que Mme Oddo-Deflou ne prétend pas imposer le restaurant coopératif aux ménages qui n’en voudraient pas!» Oui, elle avait cette modération et cette débonnaireté.
Une quatrième, en affirmant que «les aptitudes n’ont rien à voir avec le sexe, et qu’il ne peut y avoir ni professions exclusivement masculines, ni professions exclusivement féminines», enleva les bravos de toute l’assistance et obtint un pharamineux succès.
«C’est cela! C’est cela!
—Voilà le vrai point!