—Celle-là, je l’attendais! exclama le commissaire en riant. Ça ne rate jamais! Toutes les mères que je vois ont toujours des filles vicieuses, ayant de mauvaises habitudes! C’est curieux, mais c’est comme cela! Toutes! Toutes!
—Enfin, monsieur le commissaire, je vous affirme ... Je sais ce qui en est!
—Et c’est aussi pour ce motif sans doute, pour calmer ses sens et modérer ses ardeurs solitaires, que vous ne lui donnez pas à manger?
—Ceux qui vous ont dit cela ont menti!
—Mais, madame, il y a des nuits où vous ne rentrez pas chez vous!
—Cela me regarde!
—A condition que vous ne laisserez pas chez vous une enfant sans pain, sans nourriture ... Et puis, répondez-moi sur un autre ton, je vous prie, repartit le commissaire; parlez-moi poliment et convenablement; sinon, je vous fais coffrer, vous entendez?
—Me faire coffrer, pourquoi? Je n’ai rien commis de mal, rien à me reprocher ... Comment voulez-vous, monsieur, que je ne m’emporte pas, que je ne vous réplique pas quelques mots de travers, lorsque vous m’accusez de pareilles choses? Quelle est donc la mère qui vous écouterait de sang-froid? C’est à bondir au plafond! Si vous connaissiez le cœur des mères ... Ah monsieur!
—Vous conveniez tout à l’heure vous-même que vous ne rentriez pas chaque soir chez vous. Les rapports que j’ai reçus à votre sujet mentionnent également l’irrégularité de votre conduite ...
—Mais, monsieur ...