—Il paraît! D’après vous! Mais dans quelle catégorie me classez-vous donc, Séverin? Je serais curieuse de le savoir!

—Vous? Vous êtes un homme, Katia! Et toutes vos amies ou émules, mesdames ou demoiselles Potarlot, Lauxerrois, Bombardier, d’Escars, de Bals, Magloire, Cherpillon ... toutes, sont des hommes comme vous! Or, ainsi que tout homme sain de corps et d’esprit, j’adore les femmes, et mon sexe ne me dit rien ... Vous ne me traitez pas d’insolent?»


IX

Son déjeuner terminé, au lieu de se diriger, comme de coutume, vers le Crédit international et d’aller reprendre sa besogne, M. le chef de bureau Jourd’huy s’achemina pédestrement vers le ministère des Finances. Il avait, dans la matinée, téléphoné à son ami Sambligny qu’il désirait lui parler, lui fournir des renseignements sur M. Marius Lacrouzade, le futur époux de sa belle-sœur Irène, et l’on s’était donné rendez-vous pour l’après-midi dans le cabinet de M. de Sambligny.

Ils étaient mauvais, ces renseignements, très mauvais, en dépit des convictions et affirmations de Mlle Irène Rousselin. Non seulement Marius Lacrouzade passait pour un employé peu zélé et des plus médiocres, mais on le disait joueur, dépensier et endetté.

N’ayant jamais eu cet agent sous ses ordres, ne le connaissant que de nom et de réputation, Hector Jourd’huy, toujours méthodique et scrupuleux, avait tenu à contrôler ces bruits, et il s’était adressé pour cela au chef du personnel, qui lui avait obligeamment donné communication du dossier Lacrouzade.

Loin d’être à la veille de recevoir sa nomination de «Préposé aux titres», comme le déclarait superbement Irène, Marius Lacrouzade était sous le coup d’une mise en disponibilité, sinon d’une révocation pure et simple.

Il avait la passion des courses, des paris et tripotages qui en résultent, et sa moralité et sa probité étaient entachées de soupçons, sa réputation avait reçu de sérieux accrocs.