«C’est une honte! A son âge! De tels scandales! Elle déshonore le parti, cette vieille folle!» s’exclamait-elle.

A son tour, songeant à l’ignominieuse chaîne à laquelle Elvire était rivée, aux nombreux horions et fréquentes gourmades que lui distribuait si généreusement et en témoignage de gratitude l’amant qu’elle entretenait, Angélique s’indignait et fulminait.

«C’est abominable! Avec son ignoble individu, elle nous compromet toutes, nous salit toutes! Nous n’avons pas besoin de ... On appelle ça des marmites, n’est-ce pas? Et à son âge! Oh! oh!»

Mais, en ce moment, elle était toute à la joie, toute à l’ivresse, l’ardente et débordante Angélique. Comme une ogresse à qui il tomberait des cieux de la chair fraîche, elle avait vu débarquer chez son bon ami Magimier ce petit collégien ... Riche affaire!

Le député Magimier et son Égérie habitaient à proximité l’un de l’autre, dans le bas de l’avenue Marceau; Félicien était donc tout à portée et comme sous la coupe de ladite Égérie, qui ne demandait qu’à devenir la sienne, à être sa confidente et gouvernante, sa consolatrice et protectrice,—sa petite maman.

Matin et soir elle l’attirait chez elle, le retenait à sa table, l’intronisait dans le sanctuaire de la toilette, se vêtait ou se dévêtait devant lui,—un enfant, cela ne tire pas à conséquence!—jouait, disputait et plaisantait avec lui.

«Donnez-moi votre main, grand bébé!

—Pourquoi?

—Donnez donc!