Onze convives étaient déjà réunis dans l’étrange petite salle basse, en partie tapissée de rocailles et presque semblable à une grotte, où, chaque premier mardi du mois, se rassemblaient les Sages ou Disciples de Salomon.

«Ah! voilà Magimier! exclama Roger de Nantel, le secrétaire-trésorier de la confrérie. On n’attendait plus que vous, mon cher!

—Excusez-moi ...

—Rouyer est absent de Paris; je l’ai vu la veille de son départ, et il m’a prévenu qu’il ne serait pas des nôtres ce soir ... A table, messieurs, à table!

—Vous savez que je suis un fidèle, reprit Magimier; moi, comme nous tous, du reste. Oui, c’est agréable, c’est gentil, nos dîners, poursuivit-il en dépliant sa serviette. Pas besoin d’avertir si l’on vient, de s’excuser si l’on ne vient pas ... Liberté pleine et entière pour tous!

—Ajoutez que le menu est généralement bon, dit un autre des Sages, assis en face de Magimier, Armand de Sambligny, chef de bureau au ministère des Finances.

—Et que, quand il ne l’est pas, nous ne sommes point obligés de nous taire, repartit le mordant chroniqueur Adrien de Chantolle, et savons très bien faire part de nos griefs à notre amphitryon, cet excellent Margery, et l’inviter à nous mieux traiter.

—Voilà l’agrément de nos agapes! conclut Nantel.

—Le double agrément, rectifia Magimier: menu soigné et complète indépendance.