«Cher petit! Est-ce possible? Nous séparer! Mais je t’aime trop! Je t’aime trop! La vie sans toi, ah! ce serait la mort!

—Oui, plutôt mourir! s’écria Félicien avec enthousiasme.

—N’est-ce pas? Mais il sera toujours temps de recourir à cette radicale extrémité ...

—Quand tu voudras! Je suis prêt!

—Auparavant, essayons ... Nous pourrions fuir, nous cacher?

—Je m’abandonne à toi! Décide, commande! J’obéirai!

—Cher enfant! Eh bien, oui, laisse-moi faire! Laisse-moi assurer notre bonheur. Je t’aime tant!

—Et moi!»

Le lendemain elle filait avec lui vers l’Italie, et allait s’installer à quelques lieues de Gênes, à Nervi, sur cette merveilleuse riviera, où les orangers et les citronniers, alors tout chargés de leurs fruits d’or,—d’or rouge et d’or pâle,—les oliviers au grêle feuillage d’argent, les palmiers superbes, les mimosas, les aloès, les cactus, les cèdres triomphants, formaient, avec l’azur ou le saphir de la mer, avec les hautes et rocheuses falaises, toutes contournées, craquelées et déchiquetées, le plus féerique décor.

Angélique, qui connaissait cette admirable contrée et y avait peut-être bien déjà abrité quelque ancienne tendresse, ne pouvait choisir un site plus captivant, plus propice aux poétiques épanchements, aux élans d’admiration, d’abandon et d’amour.