— ... «Quelle singulière société que celle où l’on verrait la confusion complète des sexes! s’écrie avec désespoir M. Canivet. Une société où tout le monde, mâles et femelles, se mettraient à bavarder sur les affaires publiques, et où, par suite de ces délibérations prolongées, il n’y aurait plus personne pour soigner la cuisine, ravauder les bas et raccommoder les chaussettes!»

—Nous les ravauderons à tour de rôle avec ces messieurs!

—A tour de rôle, mais oui!

—Pourquoi toujours nous?

—Évidemment, citoyennes, et vous avez touché du doigt la plaie! Pourquoi toujours la femme astreinte seule à ces basses œuvres? Est-ce que l’homme n’use pas comme nous ses vêtements, ne mange et ne boit pas aussi bien que nous, ne salit pas tout comme nous son linge, sa vaisselle et sa chambre? Eh bien, est-ce qu’il ne pourrait pas comme nous et aussi bien que nous recoudre ses boutons, repriser ses chemises, préparer le dîner, savonner et repasser le linge, laver les assiettes et balayer le plancher?...

—Bravo!

— ... En quoi déchoirait-il de partager cette besogne avec nous, de s’occuper, avec nous et comme nous, des soins à donner aux enfants, aux nouveau-nés; de leur entretien, leur élevage, leur nettoyage? Eh bien, en réponse à d’aussi raisonnables et équitables propositions, voilà qu’un singulier démocrate, un étrange et faux socialiste, qui signe «Le Solitaire», demande que «des Écoles d’allaitement pour hommes soient fondées» ...

—Oh! oh!

—Il est facile de se moquer ...