—Ce n’est pas répondre ...

—Tout le fardeau retombe sur nous: grossesse, accouchement, allaitement ...

— ... Et, encore une fois, pourquoi toujours nous, citoyennes? Pourquoi toujours la femme ployée sous le faix, enchaînée au logis, humiliée, domestiquée, asservie, réduite à l’état d’animal ou de chose? Nous maintenir dans ce servage, dans cette géhenne et cet abrutissement, voilà le vœu, l’unique vœu de ces messieurs! Leur audace, je vous le disais il y a un instant, leur audace ne connaît pas de bornes. Écoutez les menaces de l’un d’eux, de M. Paul Dollfus, de l’Événement: «L’égalité des sexes engendrera la bataille, et, naturellement, la victoire sera du côté du biceps ...»

—Nous en avons autant qu’eux, du biceps!

—Nous le leur prouverons, s’il le faut!

— ... Permettez-moi de continuer, citoyennes. «L’homme ayant vu ce qu’a produit l’égalité, fruit de la liberté, prendra ses précautions; il réintégrera les vaincues dans le gynécée, d’où elles n’auraient jamais dû sortir ...»

—Oh! oh!

— ... «Et, pour leur ôter à jamais toute idée d’égalité, on les mettra plusieurs dans le même, dans le même gynécée. Le féminisme aura ainsi trouvé son remède, son vrai remède: la polygamie. Une bonne cure de polygamie ...»

—«Mais parfait! superbe! exclama Ravida. C’est tout à fait ce que nous disons!

—Ce que nous pratiquons!