—Silence! Silence! Chut! grondèrent Sambligny, Veyssières et d’autres Sages. Écoutons donc!»

«...M. Paul Dollfus se fait l’écho, vous le remarquerez, citoyennes, de ce misérable Fabre d’Olivet, dont je vous parlais il y a un instant, et de bien d’autres ... La polygamie, oui, voilà ce dont on nous menace ... Mais si nous devons honnir de pareilles doctrines, vouer à l’opprobre et à l’exécration les lâches qui osent les émettre, que ne devons-nous pas dire des femmes qui se rangent parmi nos adversaires, des femmes qui trahissent leur propre cause, la cause sacrée des opprimées et des victimes? Car il y en a, citoyennes, il en existe, de ces félonnes! N’est-ce pas une femme qui signe Jean de Bourgogne et a eu le cynisme d’écrire, dans les Matinées Espagnoles, une revue dirigée par une femme cependant, par la célèbre madame Ratazzi ou de Rute: «En admettant que l’élément féminin s’impose jamais au Palais-Bourbon, il faudra, de toute nécessité, apporter certaines modifications au règlement, imposer diverses conditions à ces dames ... Il sera bon de ne pas les laisser souvent seules: elles se mangeraient!»

—Oh! Oh!

— ... Si c’est là l’opinion que nous avons de nous-mêmes, comment voulez-vous, citoyennes, que les hommes nous aient en estime et nous jugent dignes de prendre place à leurs côtés? «N’oublions pas que nous sommes et resterons le sexe faible! s’écrie une autre, Mme Sorgue, dans la Revue de France. La femme, comme l’a dit un de ses vrais amis, Michelet, est une malade ...»

—Oh! Oh!

—Drôle d’ami!

—«...une malade; oui, hélas! UNE MALADE ...»

—L’éternelle blessée!

—Ah! oui, l’éternelle blessée!

—Et «douze fois impure», n’oublions pas!