— ... Du reste, citoyennes, j’ai l’intention de vous demander de vouloir bien confirmer le blâme lancé parla Ligue de l’Affranchissement des Femmes, sur la proposition de nos éminentes sœurs d’armes, Mmes d’Estoc et Astié de Valsayre, contre Mme Séverine, pour avoir refusé de se battre en duel avec M. Mermeix, qu’elle avait outragé dans le Gil Blas, sous son pseudonyme de Jacqueline ...

—C’est vrai! Oui! Oui!

— ... Ce blâme a été rédigé en ces termes par le comité de la Ligue de l’Affranchissement: «Toute femme qui ne prend pas la responsabilité de ses actes et accepte qu’un homme se batte à sa place commet un acte d’infériorité. Tel est le cas de Mme Séverine dans l’incident qui a occupé toute la presse[3] .» Comment pouvons-nous, en effet, affirmer, d’un côté, que nous sommes les égales de l’homme, et, de l’autre, exciper d’une prétendue infériorité et nous dérober vis-à-vis de lui? Il y a là une contradiction et aussi une couardise que je vous laisse le soin de qualifier, citoyennes. Remarquez d’ailleurs que l’ex-directrice du Cri du Peuple est coutumière du fait, qu’elle aussi ressasse que «la femme doit être épouse et mère avant tout» ...

—Le refrain de la ballade!

— ... qu’elle s’était déjà pareillement dérobée, au mois d’août 1885, lorsque le comité de la Fédération républicaine socialiste la sollicitait de poser sa candidature électorale. «Je suis restée trop femme, écrivait-elle alors, pour n’être pas de beaucoup au-dessous d’une tâche qu’une citoyenne plus virile accomplira certes mieux que moi ...» On ne pouvait se moquer de nous plus perfidement ...

—Certes!

—C’est évident!

— ... Et elle se déclarait «vraiment indigne d’appartenir au sexe auquel nous devons Mme Astié de Valsayre» ...

—Oh! Oh!