— ... C’est clair comme le jour. Et c’est par ce vœu, ce vœu aussi légitime que modeste, que je terminerai, citoyennes, c’est la suppression de cet arbitraire, l’anéantissement de cette anomalie et de cette tyrannie, que je vous propose d’acclamer; c’est à la liberté, à la liberté pleine et entière du divorce, que je vous convie de boire!»

«Mais rien ne nous empêche de nous y associer, à ce vœu si modeste, observa Ravida.

—Au contraire!

—Comme ça se rencontre!

—A la liberté du divorce! Au divorce par consentement mutuel!

—Par consentement d’un seul même! J’te crois, que j’y bois! murmura Sambligny. Ah! fichtre!

—Qui donc prétendait que nous n’étions pas d’accord avec ces dames?

—Selon moi, expliquait durant ce temps Lesparre à Herbeville, le divorce ne deviendra une chose juste, admissible et pratique, que le jour où l’homme pourra renvoyer sa femme dans le même état qu’il l’a prise, c’est-à-dire vierge ...

—En supposant que ...

—Bien entendu! en supposant que ... Actuellement, elle n’a plus la même valeur lorsqu’on la rend: c’est comme une marchandise qui aurait subi un déchet ...»