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Enfin le grand jour se leva. C'était le matin même du dimanche de Pâques qu'Adrien Bastide devait débarquer à Châtillon, et Hermance était avertie qu'il se présenterait chez elle aussitôt après, sur les deux heures de l'après-midi.
La coquette petite maison de la rue des Remparts avait été nettoyée de fond en comble, à l'occasion de cet événement, le corridor lavé à grande eau, le parquet du salon énergiquement ciré et frotté, transformé en miroir, les allées du jardin minutieusement désherbées, et ratissées et peignées comme l'arène d'un cirque.
—J'attends quelqu'un, Toinette!
—Mademoiselle me l'a déjà assez dit! Ce n'est pas pour le lui reprocher!…
—Vous aurez soin de ne pas faire languir à la porte, comme cela vous arrive souvent…
—Oh! peut-on…
—… et d'introduire aussitôt ce… cette personne dans le salon, acheva Hermance.
—Bien sûr, mademoiselle! Où voudriez-vous?… N'ayez crainte: je m'embusque dans le corridor, et, au premier coup de sonnette…
Il retentit, ce coup de sonnette. Hermance, assise devant la cheminée du salon, tenait un livre à la main, par contenance, et tremblait, tremblait…