Si! Il lui semble qu'on se rapproche de la porte… Oui! On l'ouvre…
On s'en va!
—Ah! enfin! quelle chance!
Maintenant plus de temps à perdre. Il s'agit de se rhabiller presto et de filer grand'erre. Mais…
—… Où donc sont les vêtements? Le pantalon, la chemise, les bottines, le paletot, que j'avais préparés?… Disparus! Et mes loques que j'avais laissées là, sur le lit? Où les a-t-il fourrées?
Derechef, Brigodin explora l'armoire, la commode, le cabinet de toilette… Toute la garde-robe avait été emportée! Tout le linge enlevé!
Et ses pauvres frusques avaient été, elles aussi, comprises dans la rafle!
—Oh! Mais ce n'est donc pas le locataire, l'employé de commerce qui vient de venir? C'est un voleur, un confrère! Eh bien, merci! En v'là un! Ah! je le retiens, c't animal-là! Si je le connaissais!…
Oui, c'était un deuxième larron—il y avait tant de misérables à Reims cet hiver-là!—qui, n'ayant pas, comme Brigodin, la ressource de s'introduire dans cette chambre par la fenêtre, y avait pénétré par la porte, à l'aide d'un rossignol; et, pendant que son «confrère» se morfondait sous le lit, avait fait main basse sur tout ce qu'il avait trouvé, mis toute la pièce au pillage.
—Que devenir? Comment me carapater de là? ruminait Brigodin, transi et glacé de la tête aux pieds. Je ne peux pourtant pas me sauver tout nu, courir sur les toits comme un singe… Ah! miséricorde! En voilà une déveine! Oh!!!
Se sauver tel quel, il n'était même plus temps. Un bruit de pas retentissait et s'approchait, une voix jeune, pleine et tapageuse, lançait ses éclats à tous les échos et claironnait des fragments d'une romance alors en vogue: