[389] «On n'a jamais été plus décidément écriveuse que Mme de Genlis.» (SAINTE-BEUVE, Causeries du lundi, t. III, p. 25.)
[390] Ludovic LALANNE, Curiosités littéraires, p. 142.—Voir aussi Honoré BONHOMME, Mme la comtesse de Genlis, sa vie, son œuvre, sa mort (Paris, Jouaust, 1885). On trouve dans Choses vues de Victor Hugo (année 1844, le roi Louis-Philippe, p. 79-82; Paris, Charpentier, 1888), de curieux détails sur Mme de Genlis, que Victor Hugo tenait de la bouche même de Louis-Philippe, ancien élève, comme on le sait, de cette illustre dame et maîtresse femme: «C'était un rude précepteur, je vous jure. Elle nous avait élevés avec férocité, ma sœur et moi. Levés à six heures du matin, hiver comme été, nourris de lait, de viandes rôties et de pain; jamais une friandise, jamais une sucrerie, force travail, pas de plaisir. C'est elle qui m'a habitué à coucher sur des planches. Elle m'a fait apprendre une foule de choses manuelles; je sais, grâce à elle, un peu faire tous les métiers, y compris le métier de frater. Je saigne mon homme comme Figaro. Je suis menuisier, palefrenier, maçon, forgeron. Elle était systématique et sévère. Tout petit, j'en avais peur; j'étais un garçon faible, paresseux et poltron; j'avais peur des souris! elle fit de moi un homme assez hardi et qui a du cœur. En grandissant, je m'aperçus qu'elle était fort jolie. Je ne savais pas ce que j'avais près d'elle. J'étais amoureux, mais je ne m'en doutais pas. Elle, qui s'y connaissait, comprit et devina tout de suite. Elle me traita fort mal. C'était le temps où elle couchait avec Mirabeau. Elle me disait à chaque instant: «Mais, monsieur de Chartres, grand dadais que vous êtes, qu'avez-vous donc à vous fourrer toujours dans mes jupons!»—Elle avait trente-six ans, j'en avais dix-sept.»
Ce qui n'empêcha pas, comme le prouve Gaston Maugras, dans l'Idylle d'un gouverneur (la comtesse de Genlis et le duc de Chartres; Paris, Plon, 1904), ladite gouvernante ou gouverneur de parfaire l'éducation de son élève «jusqu'à et y compris la suprême éducation de l'amour».
«Les dernières années de Mme de Genlis, continue Victor Hugo, furent pauvres et presque misérables. Il est vrai qu'elle n'avait aucun ordre et semait l'argent sur les pavés. Le roi (Louis-Philippe) la venait voir souvent; il la visita jusqu'aux derniers jours de sa vie. Sa sœur, Mme Adélaïde, et lui ne cessèrent de témoigner à Mme de Genlis toute sorte de respect et de déférence. Mme de Genlis se plaignait seulement un peu de ce qu'elle appelait la ladrerie du roi. Elle disait: «Il était prince, j'en ai fait un homme; il était lourd, j'en ai fait un homme habile; il était ennuyeux, j'en ai fait un homme amusant; il était poltron, j'en ai fait un homme brave; il était ladre, je n'ai pu en faire un homme généreux. Libéral, tant qu'on voudra; généreux, non.»
[391] Cf. Joannis GUIGARD, ouvrage cité, t. I, p. 203.
[392] Cf. Ernest QUENTIN-BAUCHART, ouvrage cité, t. II, p. 223.
[393] Cf. Joannis GUIGARD, ouvrage cité, t. I, p. 179.
[394] Ludovic LALANNE, Dictionnaire historique de la France.
[395] Ouvrage cité, t. II, p. 457.
[396] Ouvrage cité, t. I, p. 193. Sans doute par suite d'une faute d'impression, Joannis Guigard fait naître la duchesse de Polignac en 1739.