MADAME ROYALE, Marie-Thérèse-Charlotte de France, dite Madame Royale, fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, mariée en 1799 à son cousin le duc d'Angoulême (1778-1851).
Elle est mise aussi au rang des bibliophiles par Quentin-Bauchart[ [426].
Dans ses Mémoires d'outre-tombe, particulièrement dans le tome VI, pages 139 et suivantes (édition Edmond Biré), Chateaubriand donne d'abondants et curieux détails sur la duchesse d'Angoulême.
Mme SWETCHINE, née Anne-Sophie Soymonoff (1782-1857). «C'était une grande liseuse, et qui (chose rare chez son sexe) savait lire, ne perdant rien de ses lectures, crayonnant, écrivant à la marge du livre, prenant des notes, copiant des extraits, rédigeant des résumés, tenant des journaux intimes, se formant des recueils de renseignements et d'arguments», dit le critique Jules Levallois[ [427].
M. de Falloux a raconté la vie et publié la correspondance et diverses œuvres de Mme Swetchine, qui, de son vivant, a joui d'une grande réputation dans le monde religieux: il a même été question de la canoniser. Elle poussait la piété jusqu'au plus singulier mysticisme, à l'hallucination ou à l'enfantillage, et nombre d'anecdotes ont couru à ce sujet. Elle obligea un jour son mari, de vingt-cinq ans plus âgé qu'elle, à se priver d'une montre à laquelle il tenait beaucoup: «Il faut vous mortifier!» lui déclara-t-elle. Une mouche tombait-elle dans sa baignoire, elle la retirait de l'eau, la mettait au soleil, lui faisait reprendre vie: «N'est-ce pas une petite créature du bon Dieu?[ [428]»
MARIE-AMÉLIE DE BOURBON, femme de Louis-Philippe Ier, roi des Français (1782-1866), est aussi classée au nombre des bibliophiles[ [429].
De même, HORTENSE DE BEAUHARNAIS, mariée, en 1802, à Louis Bonaparte, roi de Hollande (1783-1837)[ [430].
Mme DE TRACY, Sarah ou Sara Newton (1789-1850), femme en premières noces du colonel puis général Le Tort, et en secondes noces du marquis Alexandre-César-Victor-Charles Destutt de Tracy, qui fut ministre de la marine en 1848-1849 et protesta contre le coup d'État de Napoléon III.
On a publié d'elle trois volumes d'Essais, Lettres et Pensées[ [431], auxquels Sainte-Beuve a consacré un très intéressant article[ [432].
Mme de Tracy, qui appartenait à la famille du grand Newton, avait la passion de la lecture et de l'étude, et dissertait longuement sur ce double sujet avec son amie Mme de Coigny. «Mme de Coigny me donne des leçons de prononciation, de ponctuation, et me recommande de faire des notes sur tout ce que je lis, et d'écrire tous les jours ce que je pense: c'est une façon de savoir si on est bête[ [433].»