L'illustre tragédienne RACHEL (1821-1858) a été inscrite au nombre des amies des livres par le poète-bibliophile François Fertiault[ [517].

Le chroniqueur Paul d'Ivoi, père du romancier récemment décédé (1915), a rendu compte, dans un de ses articles du Courrier de Paris[ [518], de la vente des objets mobiliers, des livres par conséquent, laissés par Rachel, et voici quelques-uns des renseignements qu'il nous donne à ce sujet:

La vente des livres a duré deux jours. La première journée a produit 6900 francs, la seconde à peu près le double. Les livres qui n'avaient pas d'autre indication de leur origine que l'estampille de la vente, le chiffre de Mlle Rachel—un R entouré d'un bracelet avec la devise Tout ou Rien,—ces livres-là se vendaient un peu au dessus de leur valeur. Les livres reliés avec le chiffre R imprimé à froid sur le plat se vendaient beaucoup plus cher, environ une fois et demie ou deux fois leur valeur. Les livres adressés à Rachel par leurs auteurs, avec envoi autographe de l'auteur à la première page, se sont vendus six ou huit fois leur valeur. Enfin les brochures ayant servi à Rachel pour étudier ses rôles, celles surtout qui portaient des annotations de sa main, ont atteint des prix extrêmement élevés, de 40 à 80 francs chacune. Nous nous bornerons à quelques exemples:

Le Théâtre des Grecs, traduction du P. Brumoy, avec le chiffre sur le plat: 160 francs.

Le Théâtre des Latins, traduit par Levée et l'abbé Lemonnier, chiffre: 135 francs.

Le Répertoire du Théâtre français; Paris, Foucault, 1817: 200 francs.

Le Théâtre de Corneille; Paris, Didot l'aîné, 1805: 120 francs.

Les Œuvres de Racine, édition Lefèvre: 80 francs.

Le Théâtre de Ponsard; Paris, Michel Lévy, 1852; in-8, avec envoi autographe: 42 francs.

Le Théâtre d'Émile Augier; in-18, avec envoi autographe: 27 francs.