Le Théâtre d'Alexandre Dumas; 3 vol. in-18, avec envoi autographe: 41 francs.
Rosemonde, tragédie en un acte et en vers, par Latour Saint-Ybars; in-18, avec envoi autographe: 26 francs.
Macbeth, traduction en vers d'Émile Deschamps, avec envoi autographe: 20 francs.
Charlotte Corday, tragédie de Ponsard; vol. broché, avec envoi autographe: 13 francs.
Etc., etc.
ALICE OZY (1821-1893)[ [519], que nous avons vue figurer dans la liste des femmes bibliophiles donnée par l'Intermédiaire des chercheurs et curieux, a souvent et longuement occupé la chronique de son époque[ [520]. De son vrai nom elle s'appelait Julie-Justine Pilloy, nous apprend Hippolyte de Villemessant[ [521], et était fille d'un bijoutier parisien. Alidor Delzant, qui l'a particulièrement connue, dont elle a fait un de ses héritiers[ [522], et qui, sans doute avec raison, car il était bien placé pour être renseigné à ce sujet, orthographie toujours son nom avec un i au lieu d'un y, a tracé d'elle le portrait suivant[ [523]:
«Ce n'était pas une personne vulgaire que Mlle Alice Ozi; elle a tenu une place dans la chronique littéraire, et Théophile Gautier l'a appelée quelque part l'Aspasie moderne. Victor Hugo a écrit pour elle des vers exquis. Elle a éveillé dans le cœur d'un jeune homme bien doué, Charles Hugo, un amour qui s'est éventé, comme un parfum, dans une suite de poèmes gracieux, qui mériteraient d'être connus...
«Elle aimait les lettres, et le jeune major général (le duc d'Aumale) qui préludait, par le goût de la poésie, aux lauriers académiques qu'il devait aussi conquérir, écrivait, sur l'album de Mlle Alice Ozi, une chanson qu'avait composée un de ses lieutenants M. Lafaguette: elle avait pour titre Khradoujah. Cette copie lointaine des Contes d'Espagne et des Orientales était alors fort répandue. Le jeune prince l'avait rapportée de l'Algérie, où les soldats en avaient fait une chanson de marche.
«Mais la vraie gloire de Mlle Alice Ozi a été l'amitié que lui avait vouée Théophile Gautier. Il a fait pour elle, d'après nature, des quatrains dignes du voisinage des petits camées de l'Anthologie grecque, et qui n'ont pas été recueillis dans ses poésies complètes...